[Glané] Montres connectées pour enfants : quand la surveillance parentale devient abusive

Glané sur https://www.wedemain.fr

"Les montres connectées destinées aux enfants ont du succès en France, alors que ces gadgets ont été interdits en Allemagne. Ceux-ci permettent aux parents de géolocaliser leur enfant en direct, parfois de les écouter à distance. Outre le grave problème des failles de sécurité, ces objets entravent l'autonomisation des enfants." [ Lire l'intégralité de l'article sur https://www.wedemain.fr/Montres-connectees-pour-enfants-quand-la-surveillance-parentale-devient-abusive_a3156.html ]

En effet, ces objets de surveillance sont comme des laisses numériques dans les premiers petits espaces de liberté que peut et doit expérimenter l'enfant pour grandir. La sûreté peut être assurée par des outils techniques, le sentiment de sécurité, lui, passe par le dialogue entre les parents et les enfants. N'est-ce pas ce paradoxe que semble balayer ces offres de dispositifs techniques?

"La fausse aide des dispositifs techniques
[...] un marché foisonnant de dispositifs techniques vante l’utilité d’une surveillance totale de l’enfant. Pensons à tous ces gadgets, de la caméra à la montre géolocalisable, qui visent à garder un œil 24h/24 sur son enfant.
Chaque dispositif technique mérite d’être évalué à l’aulne de ce qu’il permet et de ce qu’il empêche dans le développement de l’enfant, vu à la lumière du mouvement de séparation qui vient d’être mentionné.
Le dispositif protège-t-il d’un danger extérieur plausible ? Tel un siège de sécurité auto mais pas un abri antiatomique.
Le dispositif protège-t-il l’enfant de lui-même, s’il n’est pas encore capable de prendre soin de lui ? Tels les barreaux d’un lit, la barrière d’une cage d’escalier.
Le dispositif vient-il au détriment de la relation et de la confiance dans l’autonomisation ?
Ce dernier point mérite un développement car de très nombreux produits misent sur l’angoisse parentale pour doper leur commercialisation. La figure emblématique serait le harnais (heureusement peu utilisé) qui tient l’enfant en laisse plutôt que de l’accompagner de la main et de la parole. On pourrait dire qu’il en va de même avec les GPS qui cherchent à le tracer ou avec les filtres Internet qui visent à éviter à l’enfant d’accéder à certains contenus.
Le baby-phone vient-il prolonger la préoccupation maternelle primaire ? Sert-il à veiller sur l’enfant malade ? Ou à calmer l’angoisse du parent, qui sans cela viendrait toutes les dix minutes vérifier que l’enfant est toujours en vie ? Chaque dispositif mérite d’être examiné dans son contexte ; il y aura toujours une tension entre vouloir protéger son enfant et en promouvoir l’autonomie, et l’angoisse parentale sera toujours perçue par l’enfant."
in Vincent Magos, "Prévenir la maltraitance", Temps d'arrêt 100, février 2018, pp 17-18