AVANT 9 ans

Avant 9 ans, l’enfant continue à mettre en place les différentes formes de son intelligence.
Internet risque de brouiller les repères qu’il est en train de se construire. Pour éviter les pièges du web, l’enfant doit notamment assimiler la distinction entre espaces intime et public.
Il est important d’installer les écrans dans le salon, de dialoguer en famille sur ce qui s’y passe et d’établir des règles claires sur le temps d’écrans.
Sentez-vous le droit de fixer des limites.

Entre 6 et 9 ans
Les avantages des écrans

Les diverses formes d’intelligence continuent à se mettre en place et les écrans peuvent y contribuer. Les stratégies que le joueur est invité à mettre en jeu peuvent stimuler l'apprentissage de certaines compétences : capacité de concentration, d’innovation, de décision rapide et de résolution collective des problèmes et des tâches . Ils préparent donc les enfants à une société de l'information dans laquelle la réflexion stratégique, la créativité, la coopération et le sens de l'innovation sont des facultés essentielles.

Les dangers des écrans

Compte tenu de la violence présente sur de nombreux écrans, il est très souhaitable de respecter les âges indiqués pour les programmes et les jeux vidéo. En même temps, le dialogue en famille qui permet à l’enfant de donner du sens à ce qu’il a vu et éprouvé est indispensable, ainsi que la valorisation de la compassion et de la solidarité. Le journal télévisé est à éviter avant six ans et doit s’assortir au début d’un accompagnement parental.
Pour ce qui concerne Internet, sa fréquentation à cet âge risque de brouiller deux formes de repères que l’enfant est en train de construire et qui lui sont indispensables : la distinction entre espace intime et espace public et la notion de point de vue. La première n’est acquise qu’aux alentours de la 7ème ou 8ème année et elle est essentielle pour relativiser les documents trouvés sur Internet ou décider de ce qu’on peut y montrer de soi-même. Quant à la notion de point de vue, elle permet de comprendre que plusieurs personnes peuvent avoir des points de vue différents sur le même sujet. Là encore, cette notion est indispensable pour aller sur Internet sans danger. Avant de pouvoir naviguer sur la toile, l'enfant doit assimiler ces notions qui lui seront nécessaires pour éviter les pièges du web.
En outre, avant l’âge de dix ans, l’enfant peut avoir de la difficulté à concevoir que deux émotions différentes puissent coexister autour  d’une même information. Par exemple, face à une plaisanterie salace, un adulte peut à la fois sourire et être gêné. Mais avant onze ans, l’enfant est tout entier d’un côté ou de l’autre : soit il rit franchement et peut se faire reprocher son manque de pudeur ; soit il est tout entier du côté de la gêne et risque de provoquer des remarques sur son manque d’humour. Enfin, avant cet âge, l’enfant a de la difficulté à comprendre qu’une émotion présentée par une personne puisse avoir une autre cause que celle que cette personne met en avant. Il est donc sujet à toutes les manipulations.

Entre 6 et 9 ans, des repères clairs

  • Familiarisez-vous avec les jeux vidéo, les films et les feuilletons que vos enfants peuvent regarder. Il ne s’agit pas seulement de contrôler que leur âge correspond à la préconisation des concepteurs, mais également d’avoir des éléments pour pouvoir parler avec eux de ce qu’ils y voient.
  • Continuez à établir des règles claires sur le temps de jeux et plus globalement sur le temps d’écrans dont dispose chacun de vos enfants. Il s’agit là évidemment d’un contrat à la personne et qui doit tenir compte de deux facteurs : l’enfant peut gérer son temps d’écran comme il le souhaite entre les différents écrans auxquels il a accès, mais il doit en même temps consacrer du temps à d’autres activités impliquant notamment son corps et ses relations avec ses camarades.
  • Créez un compte pour votre enfant sur l’ordinateur familial et paramétrez la console de jeux du salon de façon à ce que votre enfant ne puisse y avoir que des activités qui correspondent à son âge.
  • Tenez compte du fait que votre enfant peut accéder à Internet ou à des jeux vidéo qui ne sont pas de son âge par l’intermédiaire de frère ou de sœur plus grands. Il est donc essentiel d’établir des règles qui soient explicites dans la famille quant à l’usage par chacun des écrans qui sont disponibles.
  • Commencez à initier votre enfant au droit à l’image. Pour cela, faites participer votre enfant au choix des photographies familiales. Lesquelles décide-t-on de garder ? Certainement pas toutes, il faut trier...  Les parents peuvent très bien demander aux enfants de désigner celles qu’ils souhaitent conserver, et celles dont ils ont envie de se débarrasser. C’est une activité familiale partagée, avec un objectif concret. Bénéfice subsidiaire : derrière cette activité apparemment banale, l’enfant, dès 4 ou 5 ans, intériorise le droit qu’il possède sur sa propre image. Son image a un sens, elle lui appartient. Par la suite, il aura moins tendance à mettre  n’importe quelle photo sur Internet.
  • Laissez votre enfant faire des photographies. Si vous changer d’appareil, offrez-lui l’ancien : il pourra faire autant d’images qu’il veut puisqu’elles sont numériques. Mais il faudra qu’il pense à recharger la batterie, et à vider la mémoire dans l’ordinateur familial quand elle est saturée. En discutant avec lui des images qu’il fait, vous continuerez à le sensibiliser au droit de chacun d’être le propriétaire de sa propre image.
     

Extrait du livre Temps d'arrêt : "Grandir avec les écrans, la règle 3-6-9-12" de Serge Tisseron

Voir les vidéos en liens:

« Maîtrisons les écrans » A partir de 6 ans, fixez un temps d’écran

Du livre aux écrans…deux modes d’apprentissages complémentaires

Une règle de vie avec les écrans : le dialogue en famille

 

 

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