[Participation] 1001 expériences d'enseignants

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"Les enfants parcourent le livre librement : les images, les textes. On parle d’un thème qui les intéresse.
Le livre est toujours dans le cartable et peut ressortir si une situation évoque un thème du livre. Ils abordent moins les situations vécues à la maison (préférence du petit frère par les parents, chambre partagée,…), et plus la violence en cour de récréation, les paroles qui font de la peine. Certains thèmes les marquent plus et ils se souviennent des phrases, qui peuvent ressortir (slogans).
Cette année, je leur ai demandé d’écrire un texte sur un thème. C’était libre. Soit ils inventaient une histoire, soit ils racontaient quelque chose qu’ils avaient vécu, ou encore ils donnaient simplement leur avis ‘Moi, je trouve que…’ Ils choisissent le thème, ils écrivent un texte, puis ils le lisent à la classe et les autres doivent essayer de deviner le thème en feuilletant le livre ; parfois, cela pouvait ouvrir plein de thèmes en une seule situation. Ils ont bien aimé. Ils ont tapé le texte, et je vais l’imprimer ; ils auront chacun leur texte et ceux des autres. Il y a vraiment des chouettes choses. Certains vécus personnels y ont été abordés, mais ce n’est pas quelque chose que je vais aborder en classe, ça met mal à l’aise. Et je sais que les enseignantes des cours de morale, religion et citoyenneté vont aborder ce genre de thèmes."                                 (Marie Devillers, institutrice à l'école communale d'Arsimont)

"Nous avons utilisé le livre en religion, nous avons pris un peu de temps dans ce créneau horaire. Nous avions lu chaque fois une ou deux petites thématiques, et puis nous en avions parlé, sous forme de débat. Il y a toujours des petites illustrations très claires, très schématisées. C’était très chouette. Ce n’est pas assez précis que pour simplement décrire une image et c’est assez suggestif que pour déclencher le débat. Dans le débat, je veille à ce que chacun s’exprime, puisse communiquer sans peur du jugement. Ils avaient bien aimé. Cela a amené une bonne ambiance de classe. Car une fois que l’on a fait plusieurs séances, les enfants se sont rendu compte que l’on pouvait parler, s’exprimer en parlant plutôt que de cogner. J’y tiens aussi beaucoup, c’est quelque chose que je véhicule moi-même tout le temps. C’est vrai que pour ceux qui sont plus timides, plus effacés, plus complexés … Ceux-là ont pu prendre la parole en toute liberté.  Ces enfants-là ont pris une autre place dans la classe. Finalement, ils se mettent plus dans le groupe. J’essayais de les faire parler sans les forcer. Ils sentent qu’à un moment donné, cela va aller."                              (Irène Volai, institutrice à l'école Sainte-Thérèse de Rochefort)

"Je fonctionne en demi-groupe, donc j’ai la moitié de ma classe avec moi parce que j’estime que ça permet des échanges plus intéressants, et je l’utilise alors dans une espèce d’atelier « lecture ». Ils ont un coin avec des bancs dans un bout de ma classe, un coin un peu plus convivial et donc ils ont chacun leur bouquin et ils lisent l’un après l’autre une phrase ; ils choisissent le thème ou moi je choisis un des thèmes. Cela engendre déjà un débat parce qu’ils voient qu'il y a des phrases dites par les adultes et d'autres dites par les enfants, ils aiment beaucoup les dessins aussi qui les touchent, même si ce sont des pré-adolescents. Ce sont des dessins qui sont vraiment très très bien faits et que moi j’aime beaucoup aussi. Ils lisent l’un après l’autre une phrase et quand ils sont concernés par la phrase ou que c’est une phrase qu’ils ont déjà entendue, ils lèvent la main ou ils réagissent. Ca dépend un peu du moment : ou bien ils réagissent phrase après phrase, ou bien ils réagissent à la fin de la page. Je lie un atelier « lecture » et un débat. Puis après on discute un petit peu, et quand il y a une phrase dont ils ont envie de parler, ils réagissent."                          (Hélène De Cock, institutrice à l'école Saint-Joseph de Boondael)

Découvrez la vidéo d'un café philo organisé autour du livre "Une vie de chien ?" 

« Dès que je reçois les livres, je laisse les enfants les feuilleter. Nous prenons de temps en temps quelques minutes pour discuter de l’un ou l’autre thème. Chez nous, le cours de philosophie et citoyenneté ne se donne pas sur une leçon, mais de manière transversale à travers toutes les matières, même l’éveil, les maths, …  Les illustrations et les phrases viennent susciter beaucoup de questions et de débats chez les enfants.  J’ai donné la caisse de livres à ma collègue de 5ème qui voulait aussi les exploiter ; je n’avais pas compris que chaque enfant pouvait garder son propre livre et que nous en recevrions chaque année pour les 4èmes. Dans le courant de l’année, je vais leur proposer un exercice sur le livre. Je vais ‘démonter’ un livre « Une vie de chien ? », et mélanger les illustrations entre elles et les pages de phrases entre elles ;  les enfants devront les apparier à nouveau. J’espère que l’exercice donnera l’occasion d’aborder certains thèmes et certaines réflexions. »                                                              (Jean-Luc Hulot, instituteur à l’école Saint Rémy d’Ecaussinnes)

J’utilise les livres « Une vie de chien ? » en quatrième. La question était de savoir comment l’exploiter. Le premier thème que j’ai déjà travaillé est « Rêver, c’est créer ». Chaque enfant est parti de la carte postale imprimée sur ce thème, et a dessiné ce qu’il imaginait créer. J’avais demandé un dessin rapide, sans coloriage, qui permette après d’aboutir sur une discussion. Les résultats étaient assez étonnants : construire une maison au milieu de l’océan, habiter dans l’espace,… Cette année, nous avons repris ce thème, mais en mettant en corollaire l’illustration et les phrases, en parlant du rêve mais de manière plus générale. Ce sujet permet de s’évader vraiment très loin.
Une autre manière de faire est de partir d’un brainstorming : au départ d’un thème du livre, je demande aux enfants ce que cela évoque pour eux. Chacun y va de sa démarche personnelle et écrit un mot ; on souligne les mots avec lesquels on est en phase, on questionne les mots que l’on ne comprend pas, et puis la discussion démarre.
Je pourrais aussi, pourquoi pas, débuter uniquement avec l’illustration et susciter un questionnement.
Ce que j’ai fait aussi, c’est distribuer le livre et demander aux enfants de choisir chacun une image qui est parlante pour eux ; ils doivent défendre leur idée, essayer de la « vendre », et finalement on vote ensemble pour l’intention qui rencontre le plus de succès dans la classe afin de déboucher sur un cercle de parole.
J’ai présenté les pages de la fin du livre, je les aime beaucoup. Nous sommes dans une école où les enfants sont nantis, mais il y a aussi des carences affectives énormes. Certains parents ne sont pas là de la semaine, ou peu présents. Ces pages ont suscité beaucoup d’intérêt et sont importantes pour pas mal d’enfants.
Tous les enfants de quatrième rentrent avec le livre chez eux, et j’ai un autre jeu de livres que je leur prête en classe. Certains m’ont dit l’avoir lu complètement. Il faut dire aussi que les illustrations sont très bien faites et interpellantes.
Le livre « Une vie de chien ? » vient en complément d’une manière de faire dans l’école. Chez les petits, on commence avec des cercles de parole parfois très courts sur des thématiques telles que ‘Comment vois-tu que maman et papa t’aiment ?’, ‘Pourquoi est-ce important de se laver ?’… Le questionnement et l’écoute attentive s’acquièrent au fil du temps par la pratique répétée. Ensuite arrivent les ateliers philosophiques chez les plus grands, sur base de textes, d’articles de journaux, d’une maxime, d’une pensée. Des rôles sont attribués aux enfants : un enfant anime le débat et donne la parole aux autres ; un enfant est observateur et dégage quand la pensée est créative, quand elle est critique, pour aboutir à un compte-rendu en fin de discussion ; un enfant est gardien du temps ; des enfants illustrent les échanges ; il y a aussi des secrétaires qui prennent des notes, et ces petits résumés sont repris dans les traces écrites de l’activité.
Pour amener une dimension citoyenne à mon cours, j’invite aussi des partenaires extérieurs comme Action Damien, Îles de paix, les Restos du cœur, des étudiants en philosophie.
Le livre « Une vie de chien ? » est un plus pour le cours car c’est une porte d’entrée. Il est attrayant et les enfants l’aiment bien. Ce qui est génial dans ce livre, c’est qu’il n’y a pas d’évaluation ; l’enfant a une liberté de penser, de s’exprimer, de confier des choses profondes, de garder le silence aussi, d’écouter, d’accueillir la parole de l’autre et de s’enrichir de ça … et de repartir avec un questionnement, ou des réponses.
Mon idée serait d’avoir une maxime, une pensée qui serait le leitmotiv de la semaine ou d’une période définie, et en ça le livre peut aider beaucoup. Par exemple, pour la journée du compliment le 1er mars, nous comptons afficher à l’entrée de chaque classe des bandelettes à emporter contenant des compliments, et le thème ‘Des bravos ? A gogo !’ va nous y aider.                                                                         (Vincent Piengeon, maître d'éducation à la philosophie et la citoyenneté, école Le Verseau de Bierges)

Le mot clé de ma démarche, c'est "adaptation" : en fonction des besoins concrets de la classe (problèmes de violence, gestion des émotions, climat familial,...) et compte tenu des événements que le groupe-classe traverse à un moment donné de sa vie scolaire (classes vertes,évaluations, devoirs, arrivée ou départ d'un collègue de classe,..), je propose aux élèves 3 questions de débat. Je note les 3 questions au tableau et demande aux élèves de voter pour connaître la question choisie par la majorité. J'invite ensuite les élèves à prendre la parole pour donner leur point de vue sur la question principale, illustrer les différentes réflexions proposées par le livre par des exemples concrets. Il faut mentionner aussi le côté visuel du livre qui permet d'entamer le débat par une lecture visuelle critique, accessible à toute la classe.     (Anisoara Biru, maître d'éducation à la philosophie et la citoyenneté, Athénée Royal de la Rive gauche)

Je distribue le livre aux élèves, et ils le feuillettent à leur guise. Je leur demande d’entourer les phrases où ils se reconnaissent, ou où ils reconnaissent leurs parents. Ensuite, je leur fais choisir un des autocollants reçus, un autocollant qui leur parle, leur préféré ; ils écrivent alors une phrase ou deux qu’ils peuvent partager - ou non - avec les autres élèves.
Les enfants sont ravis de recevoir le livre, ils le feuillettent quand ils en ont le temps. Parfois des phrases les interpellent ; parfois, il y a des situations où ils ne se reconnaissent pas du tout, et d’autres justement vraiment bien. Nous faisons aussi des cercles de parole où nous discutons d’une image tous ensemble.
Parfois, après leur travail sur le dessin, ils parlent de choses un peu interpellantes, alors je les prends à part et on en discute.
Les illustrations sont vraiment parlantes, et le livre est riche en situations, chaque élève trouve au moins une phrase dans laquelle il se reconnaît. Il y a parfois quelques mots que les enfants ne comprennent pas, c’est une question de vocabulaire.
Le livre vient en support du cours de religion, de philosophie et citoyenneté, de savoir parler et savoir écouter, aussi en savoir écrire quand ils écrivent ce qu’ils ressentent.
Il y a des enfants dont les parents sont ensemble, d’autres divorcés, et donc la page ‘Séparation sous haute tension’ est zappée par certains, et explorée à fond par d’autres ; chacun découvre à son rythme. Du fait que les enfants ont lu des choses, après ils racontent beaucoup. Ça ouvre des portes à la discussion, et c’est sympa. Certains se sentent alors plus à l’aise d’avoir pu le raconter. Parce que parfois ce n’est pas forcément facile à la maison, et nous on n’est pas au courant. Nous avons un autre regard, et ça fait du bien à l’enfant aussi de, temps en temps, vider son sac. Et comme ça vient d’eux, c’est sain, ce n’est pas comme si j’étais allée creuser…
                                                   (Mandy Timmerman, institutrice à l’école Champ d’oiseaux de Mouscron)
 
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