"Depuis le suicide d'une de ses amies, l'an dernier, Denise a l'air terriblement déprimée. J'avoue que je suis désemparée. Je ne peux pas aborder ce sujet avec son père, un type violent dont je suis séparée depuis la naissance de ma fille. La semaine dernière, il lui a préparé un joint en disant que cela lui ferait le plus grand bien pour voir la vie un peu plus rose. J'étais folle de rage. Cette fois, il va bien falloir qu'on se parle!""Avec Emma, c'est chaque fois la même rengaine lorsqu'il s'agit de déterminer l'heure de rentrer le samedi soir. Elle inventerait n'importe quoi pour gagner 30 minutes. Cet aprèsmidi, quand mon compagnon est rentré, il a haussé les épaules et lâché une phrase du style «On ne va pas se disputer pour une demi-heure.» Le pire, c'est son regard à elle: ouvertement narquois, l'air de dire «Encore raté, ma chère!». J'en veux à mon copain de me désavouer devant ma fille, mais je l'entends déjà me dire que je m'énerve pour rien. Ce n'est pas pour rien!"
"J'ai eu tort de donner mon code de carte bancaire à Guillaume. Il s'en est servi pour jouer au poker sur Internet. Je me suis mise en colère et il a promis de me rembourser. J'attends toujours mon argent et il a recommencé. Je n'ose pas en parler à son père, pourtant je sais que je dois."
"Papa ne me met pas la pression par rapport à l'école, ma mère si. Quand le bulletin arrive, elle chauffe sans peine mon père, qui s'énerve à son tour, et je passe un mauvais quart d'heure. Puis il oublie. à quoi ils jouent?"
"Mes parents sont divorcés. Comme ils ne se parlent plus du tout, je pourrais faire croire n'importe quoi à chacun. Par exemple, ça me permettrait d'avoir une double ration d'argent de poche."
"Mon compagnon et moi, sommes souvent d'un avis différent; mais une fois qu'on s'est mis d'accord, on s'y tient. Heureusement, car il faut parfois fameusement s'accrocher avec, sous le même toit, ses deux ados et le mien."
"Leïla s'est crue autorisée à rentrer en pleine nuit parce que son père, qui travaille sur un chantier à l'autre bout du pays, n'est à la maison que le week-end. Seulement, Jean m'appelle chaque jour pour savoir comment ça se passe à la maison. Il a très vite pu lui dire qu'il n'était pas d'accord."
L'adolescent possède un talent hors pair pour donner
l'impression à ses parents que ce qu'ils disent n'a aucune prise sur
lui, que ça entre par une oreille et ressort immédiatement par l'autre.
En réalité, son indifférence est feinte; un jeune est très attentif à
la manière dont ses parents se positionnent pour déterminer ce qu'il a
le droit de faire ou pas. Même si ça l'ennuie, il sent que les limites
sont nécessaires à sa croissance.
On peut dire que l'autorité
parentale est le lait nourricier de l'adolescent, même s'il fait le
difficile en la matière! Seulement, pour que ça marche, il faut que les
parents accordent leurs violons. Tous deux sont compétents et habilités
à rafraîchir la mémoire de leur enfant au sujet des bornes à ne pas
dépasser.
Au fond d'eux-mêmes, les adolescents sont rassurés de
sentir que la préoccupation de leur père autant que de leur mère reste
vivante quelle que soit la situation du couple parental. Ils perçoivent
ainsi que leurs parents s'entendent à leur sujet: pour les aimer et les
protéger, comme pour leur secouer les puces.