Repérer les signaux de détresse

Votre adolescent ne vous écoute plus. Il est devenu aussi aimable qu'un ours mal léché. D'ailleurs, avec son corps qui n'en finit pas de grandir, il se déplace avec une allure pataude! De plus, rien en vous ne trouve grâce à ses yeux. Puisqu'il ronchonne à temps plein, vous vous demandez s'il ne vaudrait pas mieux le laisser rivé à sa console de jeux et déposer des plateaux-repas devant la porte de son antre.
Il est pourtant plus que probable que cet ado fait l'insolent pour cacher sa fragilité et sa sensibilité. Lorsqu'un jeune s'acharne à décourager tout contact, va-t-il vraiment bien? Certes, vouloir débusquer le mal-être de votre ado alors qu'il vous envoie au diable pour un rien, c'est comme tenter de soigner un chat blessé: coups de griffes garantis! Faites pourtant preuve d'obstination et de tendresse. En effet, ses sarcasmes ont souvent pour but de vous tester en secret pour savoir s'il peut discuter avec vous sans que vous sous-estimiez ou vous vous moquiez de ce qui le tracasse.
Plus un adolescent souffre, moins il osera en parler à ses proches. Au pire, il ne pourra même pas imaginer que ses parents soient capables de l'écouter et l'aider. Alors, allez-y franchement! Vous pourrez toujours rectifier si besoin en est. Il vaut mieux prendre le risque de brusquer votre enfant pour une broutille que de manquer d'attention alors qu'il est peut-être en danger.

"Voilà plus de deux semaines qu'Elsa est intraitable. Elle ne voit personne et écoute en boucle un album de rap où il est question de suicide et de bombe humaine. J'ai craqué lorsque sa meilleure amie a téléphoné. Elle m'a avoué que c'était fini entre Elsa et son petit ami. J'étais persuadée qu'elle s'était fait larguer; en fait, c'est elle qui l'a quitté parce qu'il l'avait giflée. Je voudrais tant aller vers ma fille, lui dire que je suis au courant et lui demander comment elle se sent, mais dès que je fais la moindre tentative elle me dit «Changeons de sujet», sur un tel ton que je renonce."

"Le mois dernier, notre fille a fait une tentative de suicide. Le médecin s'est montré rassurant. Elle n'avait pas pris beaucoup de médicaments et elle est rentrée avec nous le soir même. Mon mari et moi, on ne veut pas en faire toute une histoire, mais nous pensons quand même que ce qu'elle a fait n'est pas banal. On a décidé d'aller voir un spécialiste pour qu'il nous conseille."

"Par quelle malédiction Patrick est-il si désagréable? Estce que ça vient des hormones? Soit il fait la gueule, soit il nous engueule. Qu'on lui parle ou non, qu'on soit gentil avec lui ou non, on n'a droit qu'à des rebuffades! Dire qu'il n'a que 14 ans..."

"Depuis que Bruno m'a laissée tomber, j'ai de la haine envers tout le monde. Je me sens comme une tigresse, capable de mettre en pièces ceux qui s'approchent de moi. Je n'ai pas envie qu'on me voie pleurer. En plus, mes parents me reprochent de faire la gueule."

"Chaque jour, ma belle-fille s'enferme dans sa chambre des heures durant. Je me dis que, peut-être, quelque chose la turlupine et qu'on n'en est pas la cause. J'ai mis dans sa poche un mot où j'ai écrit : «Sarah, si tu as des soucis, on peut en parler. Un petit restau, mercredi midi? » Ceci dit, je fais quoi si elle m'envoie promener?"

"Je leur fais tellement la gueule que mes «vieux» sont à bout. Parfois, j'aimerais enterrer la hache de guerre... mais à portée de main au cas où ils ne voudraient pas comprendre que je suis mal dans ma peau."

"Je n'oublierai jamais le jour où ma mère a fini par oser entrouvrir la porte de ma chambre pour me demander comment j'allais. Ça devait bien faire mille ans que j'attendais ça! évidemment, c'est pas pour autant que j'ai trouvé quoi lui dire."

La maladie de l'adolescence... est de ne pas savoir ce que l'on veut et de le vouloir cependant à tout prix. (Philippe Sollers)

Être adolescent, c'est se séparer, c'est-à-dire se différencier, se démarquer, chercher sa propre voie... Le refus, l'opposition, l'hostilité... peuvent en être la manifestation. Le plus souvent, ça ne dure pas, d'autant que le jeune en souffre également. Mais parfois, ça n'en finit pas.

Un adolescent qui ne communique avec personne va mal sur le plan psychologique. Il ne sait pas dire lui-même ce qui ne va pas, sa détresse s'exprime par des signaux d'alerte. Il se ferme également vis-à-vis des autres jeunes. Il n'a aucun loisir, sinon des paris dangereux et des actes bizarres, et il laisse entendre que la vie ne vaut rien. Il est alors temps de consulter ou de rencontrer des professionnels.

Commentaires

Ce travail est remarquable car enfin il s'adresse directement aux parents ou jeunes avec un vocabulaire adapté et familier qui permet à chacun de se projeter dans les situations évoquées.

Pour compléter le tableau ,il serait interressant d'aborder aussi les ados qui ne sont pas forcément en détresse mais lance des signaux autour d'eux pour se faire entendre et tenter d'être compris.

Intervenant aupres d'ados dans un point écoute dans une école de Strasbourg ,depuis + de 10 ans ,j'ai rencontré diverses personnalités notamment des jeunes qui semblent aller bien,jouent les pitres en "mettent plein la vue aux autres et assurent" dans les groupes  à travers "leur look" .Ils parviennent à épater les copains par des comportements à risque "dans la provoc" les passages à l'acte ,les marquages du corps ou les conduites compulsives ou addictives.Leurs exploits ou compétitions n'apparaissent pas ,aux yeux des autres ados, comme étant des signes d'appel d'aide ou de détresse ,bien au contraire ce sont des modèles pour eux.

mais lorsque ces super hèros se confient en individuel on entend bien que ces comportements révèlent un profond besoin de reconnaissance et parfois de la  souffrance intérieure ou un manque de confiance total en eux.Cela illustre bien l'ambivalence des adolescents qui tentent de s'affirmer de manière excessive dans leur féminité ou virilté et qui bien souvent sont encore au fond d'eux de tous petits enfants trés dépendants affectivementde leurs parents.

En lisant vos commentaires, j'ai eu un reflet de la situation que je vis avec mon fils de 16 ans. Depuis plusieurs mois, nous n'arrivons plus à dialoguer. Il me rejette avec ses mots à lui qui sont très crus et vulgaires. Il y a même eu récemment une violence physique entre lui et moi. Je suis inquiète, je peux comprendre son désarrois, mais ne peux l'accepter. Il n'y a aucune relation positive avec son père, dont je me suis séparée il y a 10 ans, lorsque je lui parle de conflits entre notre fils et moi. Mon fils a une "mission" qui serait de "surveiller et protéger" certains de ses amis récents de son lycée. Ils sniffent des produits solvants. J'ai découvert cela la semaine dernière. J'ai essayé d'en parler avec lui, mais il a pratiquement refusé d'entendre les craintes que j'avais. Je ne sais que faire pour l'aider à lui faire comprendre qu'il pourrait se trouver sur une pente dangereuse. Je vous remercie des conseils et indications que vous pourrez m'apporter.

Je pense que nous les parents devons aussi nous préparer psychologiquement à l'adolescence de nos enfants.  Cela n'évitera pas tout mais y être préparé aide.  Ma fille aura 12 ans en mars et j'essaie de nous préparer toutes les deux à ce passage et elle y est très receptive.     Pourvu que ça dure!!!

elle veux déjà un gsm, ok mais quand elle ira en Humanité, mais hier je lui ai créé sa propre adresse mail,   BONHEUR

Je pense qu'il est important que les parents deviennent de bons modèles pour leurs enfants. De cette façon, de manière quand ils grandissent comme des adultes qu'ils modèles peuvent rôle du bien aux autres.

-  Jean Huntenani                                                                                                  

bonjour, j'ai 47 ans. je suis tres contente de lire cet article. J'ai ete abusee par le second mari de ma Gd mere, cette personne a maintenant plus de 80 ans. A l age de 7 ans, sous le pretexte de partir chercher le pain. Apres avoir eu mon fils, j ai parlé à ma famille, et à mes freres, Je portais la honte, j etais malheureuse, et surtout, je voulais eviter qu'il s'en prenne a mes nieces, mais avec le temps, nous tombons dans un autre abus, c'est celui de la vunérabilite. nous devons apprendre a dire NON ET SURTOUT il faut se confier, il faut oser le dire. ne pas porter ce lourd fardeau. J ai eu 20 ans de mariage, avec 10 ans de mensonges, un mari qui aime les autres femmes. je suis baptisee depuis 8 Ans. J'ai un ami, il est chrétien, mais je suis devenue peureuse, égoiste, je refuse de me remarier l abus chez moi est rentré. j apprends, et je le dénonce Dans chaque situation dans ma vie au quotidien. Dieu est au-dessus de nos vies, Quel bonheur de le savoir proche de nous, il nous encourage et renouvelle notre intelligence.