Le séminaire veut traiter du ressenti des jeunes d’origine étrangère par rapport aux discriminations vécues sur le marché de l’emploi et voir de quelle manière leur propre point de vue ou positionnement sur leur situation constituent-ils un frein ou un moteur à leur intégration socioprofessionnelle.
A Bruxelles, environ 20% des actifs sont chômeurs. Ce taux, déjà important par rapport à d’autres capitales européennes, s’élève à 35% pour la population des moins de 26 ans : un jeune sur trois en capacité de travailler sont ainsi continuellement mis sur la touche du système économique. Parmi eux, les jeunes d’origine étrangère sont encore plus exposées au chômage que les Belges d’origine belge. Et cette situation ne peut en aucun cas être imputée uniquement à un bagage scolaire moins élevé…De nombreuses études démontrent que les discriminations sur le marché de l’emploi auxquelles les personnes d’origine étrangère sont confrontées freinent leur intégration socioéconomique et leur mobilité sociale, les inscrivant dans des trajectoires de vie chaotiques, davantage marquées par la précarité et l’instabilité dans l’emploi. Basées sur des caractéristiques extérieures (couleur de la peau, consonance étrangère du nom et/ou du prénom, accent et maîtrise de la langue, signes extérieurs d’appartenance culturelle ou confessionnelle), ces discriminations frappent à égalité de diplômes et de compétences, à statut socioéconomique similaire. Et plus les personnes se perçoivent comme victimes, plus elles risquent de s’installer dans un ressenti négatif vis-à-vis d’elles-mêmes, forger des attitudes de rejet vis-à-vis des autres, et finalement contribuer au maintien des discriminations encore prégnantes dans notre société.
Parler du phénomène d’auto-discrimination c’est aborder le problème de la discrimination autrement, c’est aussi impulser une prise de conscience individuelle et collective, non pas en misant tout sur la bonne volonté des employeurs mais en transformant les victimes en véritables acteurs du changement. Dans cet esprit, le séminaire se présentera comme une rencontre entre les professionnels de l’insertion et des jeunes immigrés.