Aliénation parentale, un concept qui peut causer du tort
Les intervenants de terrain sont fréquemment interpellés ou mandatés pour intervenir dans une séparation litigieuse entre des adultes qui sont parents d’un ou plusieurs enfants.
On aimerait que la séparation d’un couple se passe de manière paisible. C’est très rarement le cas, et pour cause : mésententes, déceptions, trahisons, deuils… sont au rendez-vous et la cicatrisation de telles blessures prend toujours du temps.
Si le couple a des enfants, la séparation marque la fin de la conjugalité, mais pas du tout la fin de la parentalité. En désaccord du fait de la rupture de leur lien amoureux, les ex-conjoints vont néanmoins devoir s’accorder pour poursuivre ensemble leur rôle de parents.
Ici encore ce partage ne se passe pas sans heurts. Cependant, si les lessives, l’organisation des vacances ou les habitudes alimentaires sont l’occasion de difficultés très classiques, la plupart du temps les parents en arrivent à accorder la priorité à l’intérêt de leurs enfants et donc à s’entendre sur l’essentiel.
Hélas, ce n’est pas toujours le cas. Certains parents sont pris dans le tourbillon d’une opposition systématique aux désirs, aux attentes et aux références éducatives ou affectives prônées par l’ex-conjoint, l’autre parent. Ils se nourrissent de lectures, d’avis, de conseils voire de prises de position de l’un ou l’autre professionnel ; et cela peut aller jusqu’à déteindre sur l’enfant. Ce dernier se trouve alors pris dans une situation insoluble : il a le souci de s’adapter aux discours de chacun de ses parents, même s’ils sont séparés. Mais risquer de se montrer bien avec l’un d’entre eux semble faire tant de mal à l’autre… Comment s’en sortir alors ?
Certains enfants se retranchent dans une sorte de « réserve émotionnelle » : ils vivent à la maison, par exemple avec maman, et sont en mesure de rencontrer papa, mais la relation reste distante, la prudence et le silence sont de mise… Avec en toile de fond : « Surtout ne faire de peine à personne », tel un leitmotiv semi-conscient. Pour se protéger, ces enfants en viennent parfois à rencontrer le parent chez qui ils ne vivent pas dans une ambiance qui laisse une impression de froideur et de détachement.
D’autres enfants font preuve de moins de facultés de détachement. Ils sont plus fragiles ou subissent des pressions contextuelles et relationnelles plus manifestes de la part de leurs familles. Dans ce cas, l’enfant dit ou montre qu’il prend le parti de l’un des parents (généralement celui avec qui il vit de manière principale). Il refuse de voir son papa ou sa maman, se replie dès qu’il est en contact avec ce parent ou l’agresse en l’assaillant de reproches qui ressemblent étonnement à un discours appris de l’adulte englué dans la séparation.
Ces configurations relationnelles problématiques intéressent naturellement les spécialistes des sciences psychologiques. Comme dans toute approche scientifique qui se respecte, il s’agit de les identifier, de les analyser, de les comprendre pour tenter d’y trouver des pistes de résolution.
Un nouveau concept ?
Pendant de nombreuses années, le concept de « conflit de loyauté » a offert un modèle explicatif pour ces situations de séparation au sein desquelles l’enfant n’était pas autorisé (ou ne s’autorisait pas) à prendre une place qui convienne à son bien-être et à son développement personnel.
Depuis peu, un nouveau concept a fait son apparition : « l’aliénation parentale », pour parler du cas de figure où l’enfant est littéralement soumis au parent dit « aliénant » et ne peut plus faire place à l’autre, critiqué, blâmé, détruit dans le discours du premier. Il est ainsi coupé d’une partie de lui-même, celle que représente sa filiation au « parent maudit ». C’est non seulement son appartenance à la branche familiale ostracisée mais aussi son identification au genre sexuel du parent rejeté qui sont niés.
Hélas, le concept d’aliénation parentale est utilisé à tort et à travers. Il enferme une série de situations où les conflits font rage, situations dans lesquelles les professionnels sont aspirés et légitiment leur coalition avec un parent en utilisant ce vocable, provoquant ainsi des dégâts durables.
Nous ne pouvons pas nier que certains parents se collent à leur enfant, que d’autres mélangent conjugalité et parentalité au point de mener un conflit généralisé aux effets nocifs pour l’enfant (effets qui se retourneront d’ailleurs plus tard contre ce parent). Il est également vrai que certains parents vont mal au point d’entraîner leur enfant dans la confusion, tandis que d’autres encore poussent la cruauté jusqu’à l’utiliser comme arme pour faire souffrir leur « ex ».
De tels agissements, on vient de le voir, portent des noms : confusion, cruauté, collusion… Le professionnel a tout intérêt à se situer par rapport à des faits, il n’a pas besoin du syndrome d’aliénation parentale, concept qui standardise des situations par ailleurs fort complexes. Une définition statique et unilatérale ne constitue pas pour lui un outil d’intervention d’une grande efficacité dans le contexte d’une relation d’aide à visée évolutive. Bien au contraire, cela risque de l’empêcher de penser. De plus, intervenir en termes de « détection de l’aliénation parentale » revient à traquer les incapacités et les lacunes des parents, alors qu’il est nettement plus constructif de tenter de les considérer comme des personnes capables de changement et de prise de responsabilités. Vu au travers de ce concept d'aliénation parentale, le conflit conjugal tend à s’amplifier sur la place publique avec la participation des professionnels de l’aide et du judiciaire.
Le rôle du professionnel
En cas de séparation, les parents cherchent fréquemment des alliés dans leur conflit avec l’autre. C’est donc chaque fois l’occasion pour le professionnel d’être attentif à ne pas se laisser contaminer par les échos de séparations qu’il a parfois lui-même vécues, pour réfléchir à son rôle, au mandat qu’il a et à celui de ses collègues avec qui il collabore, qu’ils relèvent du monde socio-éducatif ou judiciaire.
Pour grandir, l’enfant a besoin d’une référence à ses deux parents. Il revient parfois au professionnel de ramener à l’enfant la réalité de son autre parent absent, ignoré ou rejeté, qu’il s’agisse d’un contexte de séparation, de décès ou d’abandon…
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Commentaires
Aliénation parentale, ou le jugement de Salomon
Vous écrivez "les ex-conjoints vont néanmoins devoir s’accorder pour poursuivre ensemble leur rôle de parents".
Cette assertion normative nuit à la qualité de votre billet. Non, il n'est pas toujours nécessaire de s'accorder entre parents biologiques séparés. D'abord parce que l'autre parent a souvent tourné les talons, ce que peu de gens reconnaissent. Aussi parce ceux qui restent dans le décor ne sont pas nécessairement animés des meilleures intentions à l'égard de l'ex-famille. Soumettre, par exemple, une femme qui fuit une situation de violence conjugale ou même d'inceste - on ne divorce plus pour des vétilles... - au droit de veto de son agresseur ou de celui de ses enfants est proprement injustifiable, et bien des juges s'y refusent avec raison.
Mais d'autres se laissent intimider.
Ce qui est pervers dans l'utilisation abusive que fait un certain lobby de la notion d'aliénation parentale, c'est que les intégristes de la paternité agitent ce "diagnostic" dès qu'un enfant préfère ne pas se soumettre aux quatre volontés de celui des deux parents qui, pour une raison ou une autre, n'est pas celui chargé des soins quotidiens aux enfants. C'est l'autorité masculine traditionnelle qu'ils tentent de mettre à l'abri de l'évolution de la famille. Il y a même des hommes qui demandent des droits de garde pour esquiver leurs obligations alimentaires. Or, les inquiétudes des pédopsychiatres chargés de "réparer" les enfants ainsi violentés font rarement la chronique familiale des journaux et revues.
Certains "masculinistes" iront jusqu'à crier à l'aliénation parentale dès qu'une mère demande à ce que soit reconnue une situation de garde exclusive, ou qu'elle se réfugie en maison d'hébergement pour victimes de violence conjugale.
Ce n'ets pas un hasard si les promoteurs du prétendu "syndrome" d'aliénation parentale sont souvent des misogynes finis ou des hommes ayant pris parti pour les droits des agresseurs d'enfants. Ce qui devrait donner à penser.
Pour en savoir plus: sisyphe.org/spip.php?rubrique82/
Aliénation parentale, un concept qui peut causer du tort
Je pense que Monsieur Martin Dufresne ainsi que les autres négationnistes et misandres groupés sur le Site sisyphe.org/spip.php?rubrique82/ n’ont pas vécu eux-mêmes une telle situation d’aliénation et donc ne peuvent pas comprendre !
A boycotter donc toutes les médisances sur les parents qui tentent de se défendre en invoquant le syndrome d’aliénation parentale… au motif que leurs droits de parents et leurs droits fondamentaux furent violés par une justice indécente et mercantile.
Bientôt des publications scientifiques, comprenant assez de cas vécus, expliciteront nos souffrances continues et elles seront publiées dans les médias ainsi que sur le Blogue « La Vie de Pères » à la rubrique Approcher le divorce conflictuel. Par Jean-Emile Vanderheyden -- http://laviedeperes.over-blog.com/article-24665781-6.html#anchorComment ainsi que sur tous les Blogues existant dans la société occidentale.
La vérité sortira de la bouche de nos enfants quand ils oseront la dire, car c’est dur pour eux de renier le parent aliénant avec lequel ils ont (quasi) fusionné !
Qui vivra, verra! Et courage à tous !
Rien ne résiste au temps, pas même l’âge de la pension !
On arrivera à se faire reconnaître contre tous ces partis pris !
À bon entendeur, salut.
Syndrome d'aliénation parentale
Martin Dufresne est connu partout (même au Québec) pour ses luttes en faveur de la cause des femmes mais il lutte aussi contre... la cause des hommes.
Voir Commentaire n°5 posté le 02/02/2009, écrit par François Brooks sur
http://laviedeperes.over-blog.com/article-27417688-6.html#anchorComment
Réponse aux insultes d’un féministe
Par François Brooks
www.philo5.com
http://www.philo5.com/Feminisme-Masculisme/040505%20Reponse%20aux%20insultes%20d'un%20feministe.htm
Martin Dufresne est connu partout (même au Québec) pour ses luttes en faveur de la cause des femmes mais il lutte aussi contre... la cause des hommes.
Voir Commentaire n°5 posté le 02/02/2009, écrit par François Brooks sur
http://laviedeperes.over-blog.com/article-27417688-6.html#anchorComment
Réponse aux insultes d’un féministe
Par François Brooks
www.philo5.com
http://www.philo5.com/Feminisme-Masculisme/040505%20Reponse%20aux%20insultes%20d'un%20feministe.htm
Martin Dufresne n’est plus crédible au Québec, et il vient polluer, ici même, les esprits des gens bien pensants et désireux de tirer la société vers le haut.
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