adolescence

Adolescence et insécurité

Pourquoi associer adolescence et insécurité? Les adolescents seraient- ils fauteurs de troubles, ou responsables de l’insécurité? Pourtant, une réflexion argumentée questionne ce stéréotype. Le sentiment d’insécurité contemporain paraît fondé à partir d’enjeux plus complexes que la seule «violence des jeunes». Il se déploierait au rythme de l’isolement individualiste grandissant. De ce point de vue, les adolescents sont à l’avant-garde. Moins parce qu’ils seraient particulièrement dangereux pour les autres, mais plus parce qu’ils sont en première ligne des bouleversements sociaux. Et les individus contemporains ne sont-ils pas livrés à une anxiété nouvelle, aussi plus enclins à retourner leur agressivité contre eux-mêmes? Didier Robin est psychologue, psychanalyste, thérapeute familial. Il est également formateur au Centre Chapelle-aux-champs à Bruxelles.

Paradoxes et dépendance à l’adolescence

L'adolescence est un âge contradictoire où le rejet de l'adulte est à la mesure du besoin que l'adolescent en a, analyse Philippe Jeammet. Les conflits naissent de la tension entre la peur de l'abandon et l'angoisse d'intrusion du jeune. Ce paradoxe peut pousser certains adolescents à la destructivité comme créativité du pauvre, c'est-à-dire de celui qui se sent impuissant. Avant de s'effondrer, de disparaître, un acte de vie, prométhéen en quelque sorte, reste toujours possible : détruire ! «Je n'ai pas choisi de naître » disent les adolescents qui ont des comptes à régler avec leur filiation ; mais « je peux choisir de mourir », déclarent-ils, affirmant par là une radicale différence avec ceux qui leur ont donné la vie et leur pouvoir démiurgique de refuser ce dont ils ont hérité et qu'ils n'ont pas choisi au profit d'une destruction qui leur appartient.

Adolescence et risques

Si l'adolescence rime avec la prise de risques, il arrive que la mise en danger de soi prime sur la recherche de plaisir. Face à ces « auto-sabotages », pas toujours flagrants, les parents ressentent inquiétude, colère et impuissance, et il n'est pas rare que ces réactions soient partagées par les professionnels eux-mêmes, notamment du champ éducatif.  Ces constats appellent une réflexion ouverte et tenace. D'abord, il est essentiel de mieux connaître, à côté des prises de risques « démonstratives », celles qui sont marquées par le retrait : le défaut d'existence.

Pascal Hachet

Pascal Hachet est psychologue et docteur en psychanalyse. Il travaille au Point Accueil Ecoute Jeunes « Le Tamarin », à Creil (60), géré par l'association SATO-Picardie. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages, ses travaux portent sur la compréhension et la prise en charge psychanalytiques des consommateurs de drogues, des adolescents et des parents d'adolescents.

Philippe Jeammet

Philippe Jeammet est psychanalyste, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université René Descartes Paris 5, ancien chef du service de psychiatrie des adolescents et jeunes adultes à l'Institut mutualiste Montsouris. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Pour nos ados, soyons adulte, Ed. Odile Jacob, 2008.

Didier Robin

Didier Robin est psychologue, psychanalyste, thérapeute familial. Il est également formateur au Centre Chapelle-aux-champs à Bruxelles.

Jean-Marie Forget

Jean-Marie Forget est psychiatre, psychanalyste. Il a notamment exercé pendant de nombreuses années dans le secteur adolescent.