Calmer le jeu

Les disputes, il y en a de tous les genres! Depuis la caresse un peu forte du bambin de deux ans à son petit frère aux
morsures, griffures, tirages de cheveux et de vêtements, en passant par les regards furieux, les poussées vigoureuses,
les coups, cris et injures (que les enfants, bien souvent, utilisent sans comprendre), les remarques acides de ceux qui
ne se battent plus…
Des frères et soeurs, ça se dispute, les parents sont là pour calmer le jeu si nécessaire. La famille n’est pas ce lieu
d’harmonie parfaite et permanente dont nous rêvons.
D’ailleurs, en rêvons-nous vraiment ? Qui est-ce que les disputes dérangent le plus ? Ne nous sentons-nous pas
souvent grandis après un conflit qui a pu s’exprimer et se régler au mieux pour chacun?
 
 
 

S’il y avait la place, je me dis parfois que je construirais bien un ring de boxe à la maison. Un défouloir. Quand ça déborde, je les envoie souvent faire un 100 mètres parce qu’on est un peu à l’étroit, ici. Mes deux fils se sont toujours beaucoup disputés. Il existe entre eux une forte rivalité. Pourtant, mon plus jeune, réservé, réfléchi, qui était écrasé jusqu’ici par un grand frère sportif et entouré d’amis, va mieux. Il se découvre de nouvelles passions: la lecture et les discussions sérieuses, et peut montrer ainsi à son aîné que, lui aussi, peut être fort (plus fort?) dans certains domaines. Quand j’étais petite, mon frère aîné m’obligeait à jouer à ce que je ne voulais pas. Si j’étais pas d’accord, il me frappait. Quand j’appelais ma mère au secours, elle nous remballait en nous disant de nous débrouiller. J’ai eu un très fort sentiment d’injustice, je me sentais sans défense, soumise à la loi du plus fort. Sans défense, je ne l’étais probablement pas totalement… En tout cas, maintenant, j’évite de renvoyer mes enfants à eux-mêmes quand ils se chamaillent. C’est pas juste! c’est pas juste! Ils criaient comme des putois. Je leur ai dit que la justice, ce n’était pas la même chose pour tous, mais à chacun selon ses besoins. Et hop, chacun dans sa chambre jusqu’au souper. Chaque fois qu’on va au parc, Julie arrache les jeux des autres enfants. Alors, même si c’est difficile, j’interviens et je lui explique que si elle veut le râteau du petit garçon, elle lui prête son seau. Dès qu’ils sont ensemble, ils se courent après. Dès qu’ils sont séparés, ils s’ennuient et demandent après l’autre. ça me rassure de savoir qu’ils ne se détestent pas et ça me donne du courage pour intervenir quand ça pète. à la crèche, dès qu’un enfant en mord un autre, j’interdis : «tu peux être fâché mais tu ne peux pas mordre, ça fait mal». Comme puéricultrice j’ai appris à réagir immédiatement, mais sans dramatiser.