[Texte] Les avoir dans la tête

Avant de mettre un bébé en route, il y a déjà un long bout de cette même route qui a été parcourue: on a "rêvé" un enfant, transformé ses projets pour l’accueillir, pensé à la manière dont il prendrait place dans le couple…

La plupart du temps, l’enfant est porté dans la tête bien avant qu’il ne soit porté dans le ventre… Une fois là, il occupe l’esprit de ses parents pour la vie.

Plus il est petit et dépendant, plus il se rappelle à nous. Ses rythmes, ses horaires, ses besoins sont une préoccupation constante. Même séparé de lui, on pense à lui: il faut boucler son travail à temps pour être à l’heure à la fermeture de la crèche ou à la sortie de l’école, anticiper l’organisation des moments où l’on est absent, prévoir ses repas, les rendez-vous chez le médecin, l’occupation des périodes de vacances…

Quand les enfants grandissent, le souci en continu se dilue un peu. C’est logique. Mais les enfants doivent continuer à sentir qu’on les porte dans notre tête. Leur imposer une heure de retour après une sortie, par exemple, est une façon de leur montrer qu’on se soucie d’eux, qu’ils ont de l’importance pour nous, qu’on les garde dans nos pensées.

Entendons l’inquiétude de Cédric qui raconte: "Moi, mes parents, ils me laissent tout faire, ils ne m’imposent jamais d’heure pour rentrer après les guindailles. On peut dire qu’ils sont hyper cools mais, parfois, je pense qu’ils s’en fichent complètement de moi; que je rentre à la maison ou pas, ça leur est indifférent! A se demander si je compte pour eux."

C’est fou ce que les enfants, ça occupe la tête.

Et moi qui aspirais à être loin d’eux… Je n’ai pas arrêté de m’inquiéter pour eux.

J’aime bien penser que ma maman pense à moi.

Quand je suis loin de mon père, j’ai toujours peur qu’il m’oublie.

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