Le collectif Patouche (collectif de personnes concernées par les violences sexuelles dans l'enfance) et l'association Ensemble contre l'inceste ont commandité un large sondage pour mieux cerner l'ampleur de l'inceste en Belgique. Les résultats de cette recherche se rapprochent de ceux observés en France : 9% des Belges seraient victimes d'inceste soit plus d'un million de victimes au total. Plus précisément, selon la définition légale de l'inceste, 7% des Belges affirment avoir été victimes avant leur 18 ans. Ce chiffre passe à 9% lorsque les cousins et cousines sont inclus comme auteurs d’inceste (actuellement, dans la définition légale* de l'inceste, ils ne le sont pas). L’inceste concerne dans les mêmes proportions toutes les classes sociales. 35% des adultes ayant été victimes d'inceste disent avoir parlé mais seuls 23% d'entre eux ont été crus.
Les résultats de l'étude sont disponibles ici
L'émission "Les clés" sur La Première (RTBF) décrypte, en deux épisodes, ces résultats et analysent les causes, les conséquences pour la société de ce phénomène, tabou non pas dans sa réalisation mais dans la difficulté pour les adultes d'entendre les enfants qui parlent ou qui ont parlé. Quelques pistes sont avancées : renforcer la formation des professionnels, y compris ajouter des modules dédiés dans la formation de base notamment des médecins, enseignants, psychologues, continuer à parler socialement de cet enjeu, renforcer l'Evras, encourager les enfants à parler de ce qu'ils vivent, traversent dans tous les aspects de leur vie...
* Article 417/18 du Code pénal belge : On entend par inceste les actes à caractère sexuel commis au préjudice d'un mineur par un parent ou allié ascendant en ligne directe, par un parent ou allié en ligne collatérale jusqu'au troisième degré, ou toute autre personne occupant une position similaire au sein de la famille des personnes précitées.

