Dans ce podcast de Matin Première, le psychopédagogue Bruno Humbeeck analyse deux dessins animés qui permettent d’observer l’évolution des modèles éducatifs au fil du temps. Peppa Pig, explique-t-il, « mettait l’enfant et ses désirs au centre de tout », dans une forme parfois exacerbée et caricaturale de pédagogie positive. À l’inverse, Bluey met davantage en lumière la manière dont l’adulte accompagne l’enfant pour l’aider à développer des ressources face aux épreuves de la vie.
Ces différentes manières d’envisager l’éducation n’est pas seulement le fruit d’une évolution au cours du temps, mais représente aussi la manière dont l’éducation répond aux défis du monde, à ce qu’il est à un moment donné. Eduquer un enfant dans le monde d’aujourd’hui, déjà très différent d’il y a 10 ans, nécessite de soutenir les capacités de l'enfant à faire face aux difficultés et à trouver comment les dépasser. Pour Bruno Humbeek, dans Bluey, la relation avec l’adulte permet à l'enfant de traverser les épreuves, un certain « optimisme intelligent » y est encouragé : reconnaître d’abord que la situation est difficile, puis, avec l’appui et l’encouragement de l’adulte, envisager qu’il est possible de la traverser.
La pédagogie résiliente reconnaît que la tristesse, la colère ou la peur font partie de la vie. Le rôle de l’adulte n’est pas d’en préserver totalement l’enfant, ni de lui demander de les gérer seul, mais de l’accompagner pour apprendre à les reconnaître, à les apprivoiser et à vivre avec elles. Mais pas seulement, elle ouvre aussi à l’importance de "la délicatesse", c'est-à-dire, pour Bruno Humbeek, la sensibilité à se rendre compte, pour l'enfant, de ce qu'il provoque chez l’autre, comme confort ou inconfort.

