D’après un récent rapport de l’UNICEF, près d’un enfant sur cinq âgé de 12 à 17 ans dans 21 pays a été victime d’exploitation ou d’atteintes sexuelles facilitées par les technologies numériques. Ces violences prennent différentes formes : l’exposition à des contenus sexuels non désirés, sollicitations à caractère sexuel, partage d’images intimes sans consentement... Les réseaux sociaux constituent le principal lieu où ces abus se produisent, représentant près de 60 % des cas recensés. 57% des agresseurs sont des personnes déjà connues des victimes et non des inconnus.
Les conséquences de ces atteintes sexuelles sur les enfants peuvent être graves : anxiété, isolement, comportements d’automutilation ou encore pensées suicidaires. De plus de 40 % des cas d’abus n’ont jamais été révélés à qui que ce soit, et moins de 1 % ont été signalés aux autorités (police, travailleuses ou travailleurs sociaux ou services d’assistance téléphonique).
Face à ces constat le rapport souligne le besoin criant d’une action urgente de la part des gouvernements, des entreprises technologiques et des autres parties prenantes afin de mieux protéger les enfants dans les environnements numériques. Le rapport appelle ainsi à la mise en place sans délai de mesures visant à :
- Rendre les plateformes numériques plus sûres dès leur phase de conception, en intégrant des dispositifs de protection de la vie privée plus stricts pour les enfants, des restrictions sur les contacts non sollicités de la part d’adultes, des systèmes de recommandation plus sûrs, et des mécanismes de repérage et de signalement des abus plus efficaces.
- Renforcer les lois, la réglementation et la responsabilité des acteurs concernés, en veillant à ce que les gouvernements disposent des outils et des mesures d’application de la loi nécessaires pour faire face à l’évolution des formes d’abus, notamment au chantage sexuel et aux contenus générés par l’IA représentant des atteintes sexuelles sur enfants.
- Mettre en place des canaux de signalement et des dispositifs de soutien dans lesquels les enfants peuvent avoir confiance, notamment en investissant dans la protection de l’enfance, la santé, la justice et les services sociaux.
- Ne plus faire peser la responsabilité de leur propre protection sur les enfants, mais veiller à ce que les familles, les écoles et les communautés réagissent à leurs révélations en leur apportant un soutien adapté et en les accompagnant pour qu’ils demandent de l’aide en toute sécurité.
- Réduire les vulnérabilités économiques dont les auteurs d’abus tirent parti, en renforçant le soutien familial et en élargissant les possibilités d’éducation et d’emploi pour les enfants et les jeunes.
- Combattre les normes sociales et de genre qui normalisent la sexualisation des filles et stigmatisent les victimes de violences sexuelles. »
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