[Extrait de livre] Le dehors un terreau fertile pour grandir

Le plein air privilégie l’expérience motrice et sensorielle, essentielle pour pouvoir incarner les savoirs. Investir le sol avec tout le corps permet de s’ancrer et d’être relié à la terre. Le mouvement est le pivot du processus mental chez l’enfant qui manifeste le besoin de bouger pour conquérir l’organisation de l’espace en trois dimensions. Le cerveau de l’enfant a besoin de pouvoir intégrer tout ce que fait et vit le corps dans les multiples dimensions, non seulement au niveau des espaces mais aussi des volumes. Il pourra ensuite transposer les acquis de ces expériences sensorimotrices auxquelles il donne sens dans des situations abstraites telles que la lecture et l’écriture. Or, tant que des processus tels que la verticalité, l’horizontalité ou la latéralité ne sont pas inscrits dans le corps, ils ne peuvent être intégrés mentalement et reproduits en deux dimensions. En guise d’exemple, pensons que, pour discriminer les lettres b, d, p et q, représentées par le même signe en positions différentes, l’enfant aura dû éprouver et assimiler corporellement les notions « en haut », « en bas », « à droite » et « à  gauche  ». De même, les leçons de géométrie seront efficaces si l’enfant a pu régulièrement manipuler son corps et des objets dans l’espace. À titre d’exemple, construire un tipi avec les branches ramassées au sol permet de comprendre le volume que forme le cône mais aussi la figure représentée par la surface de sa base.
La motricité fine s’appuiera sur les acquis liés aux mouvements globaux, autant les encourager amplement tout au long du parcours scolaire. La motricité fine permettant la précision du geste, utile à une écriture souple et fluide, n’est pas encore optimale dans les premières années de la vie de l’élève parce que le processus de myélinisation n’est pas achevé. Ce dernier est le procédé de fabrication de la gaine de myéline qui enveloppe les nerfs afin de les protéger de courts-circuits, de permettre la maîtrise de gestes précis et d’augmenter la vitesse de propagation de l’influx nerveux. L’immaturité neuromusculaire de l’enfant de maternelle ne lui permet donc pas de déployer une motricité suffisamment adroite pour des activités telles que découper en suivant une ligne ou tenir correctement un crayon. Aussi, quand le moment sera venu de s’exercer à des tâches qui réclament rigueur et précision, elles seront plus efficaces si elles s’alternent avec des propositions qui sollicitent la motricité globale. Représenter un chiffre avec son corps, assembler des brindilles au sol pour former un mot ou encore tracer de grandes lettres avec son doigt dans le sable sont quelques exemples d’activités prémices à l’écriture où le corps est mobilisé de façon plus globale.

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