Un entretien avec Jean-Michel Longneaux (05:55), philosophe.
L'ouverture de l'enfant à d'autres adultes est nécessaire, elle permet à l’enfant de se détacher progressivement du cadre familial et de rencontrer d’autres façons de penser, de faire, de mettre les limites, de vivre tout simplement. Cependant, pour les parents, il est parfois difficile de mettre en place cette ouverture tant le climat social est anxiogène, nourri par les affaires de violences, d’abus ou de dérives institutionnelles.
La confiance est un élément déterminant dans le fait de pouvoir permettre à d'autres de s'occuper de son enfant. Or, souvent, on exige de l'autre, pour faire confiance, des preuves, des garanties, qu'il est légitime de recevoir notre confiance, condition impossible à obtenir. A l'inverse de cette forme de confiance on pourrait envisager la confiance comme une prise de risque, celui d’accepter de ne pas tout maîtriser ni tout prévoir. Cette confiance suppose un acte volontaire, un pari sur l’autre, malgré l’incertitude. Elle implique de renoncer à la logique de preuve pour entrer dans celle du risque assumé. C’est dans cet espace fragile, soutenu par une sécurité intérieure suffisante de la part du parent, que peut se construire une véritable alliance éducative.

