Un entretien avec Edith Maruéjouls (04:21), docteure en géographie.
Le jeu constitue un espace essentiel où les enfants peuvent explorer la relation à l’autre, apprivoiser leurs émotions et expérimenter des conflits sans tomber dans la violence réelle. C'est un terrain d’apprentissage où l'enfant découvre et apprend petit à petit la coopération, la négociation, la prise en compte du point de vue de l'autre et le respect des limites. Soutenir le jeu crée les conditions d’un climat plus apaisé, où les enfants développent empathie, autonomie et capacité à vivre ensemble. Le jeu n’est donc pas un « plus » facultatif : c’est un levier central pour construire des environnements moins violents et plus inclusifs.
Pour que le jeu puisse vraiment se déployer, les enfants doivent se sentir suffisamment en sécurité, physiquement et psychiquement, pour oser imaginer, prendre des risques, se tromper, recommencer. Ils ont besoin d’un cadre contenant, d’adultes disponibles et soutenants qui observent sans diriger. Mais le jeu demande aussi du temps, un environnement stimulant qui permet le mouvement, la créativité, la transformation des objets.
A ces conditions, le jeu peut devenir un puissant outil de prévention des violences par la symbolisation des tensions éprouvées notamment, mais aussi parce qu'il permet un espace où chacun peut trouver sa place, et ce peu importe les performances scolaires, le genre, l'âge, favorisant ainsi une dynamique inclusive.

