Un entretien avec Hélène L’Heuillet (05:35), philosophe.
C'est dans les métiers de l'aide que l'emballement est le plus nocif, nous sommes des êtres vivants qui avons besoin de temps, nous sommes constitués par le temps. L'accélération à tous les niveaux, les pressions, les échéances mettent tout le monde dans une forme de panique, qui empêche de penser et donc d'agir adéquatement. Quand le temps se rétrécit, le rapport à l'autre est changé, on n'est plus disponible, on s'éloigne du cœur de nos métiers de l'aide, du soin, de l'éducation, de sa dimension profondément humaine. Une culture du retard, de la faille, des coupures est à encourager. Cette posture invite à rester disponible à la singularité de chaque personne rencontrée, au fait que chaque situation est unique et nécessite une réponse ajustée. Comme professionnel, ne pas vouloir faire "à la place de" mais au contraire soutenir l'autre dans sa recherche de solutions, de pistes est essentiel.

