Témoignage d'un adulte ayant été un enfant maltraité

Le témoignage vidéo de l'animateur Thierry Beccaro (qui a longtemps joué avec les mo-tus) nous touche probablement parce qu’il dit l’essence même de la vie, les rapports entre tous, plus particulièrement les relations parents-enfants, les représentations que l’on s’en fait et les mécanismes psychiques à l’œuvre. Ce témoignage met en lumière la complexité de toute situation de maltraitance. Il évoque le silence, l'impossibilité de parler, de se confier, la loyauté envers ses parents, son sentiment de culpabilité...

Son récit personnel et singulier donne le relief de la rencontre, de l’attention à l’autre. Son médecin généraliste va l’inviter à la parole, va le soutenir à en passer par les mots pour prendre soin de lui, de l’adulte construit sur le terreau de ce passé lourd et difficile. Cela nous amène à penser la place d’attention que nous occupons auprès de chaque enfant que nous rencontrons et à pouvoir prendre en compte la complexité de chaque situation de maltraitance.

Extrait du texte "Pour quelles raisons un enfant ne parle t'il pas des maltraitances qu'il subit?"

D’une manière générale, un enfant ne peut pas empêcher la maltraitance d’un parent et, dans sa famille, l’autre parent, s’il y en a un, ne parvient pas à le protéger. Tout petit, un enfant  n’a pas de point de repère et ne peut comprendre le côté anormal de la situation. Avec la scolarisation, il peut commencer à pressentir que ce qui lui arrive ne se passe pas chez les autres, il progresse dans sa distanciation par rapport à son milieu familial mais il peut se sentir dans une grande solitude où il n’y a pas d’adulte sur qui s’appuyer, que ce soit vrai ou non.

D’autres raisons conscientes peuvent exister : l’enfant pressent que la révélation va susciter une crise familiale majeure. Plus précisément, il a peur d’être puni par les parents ; peur de faire mal à la personne maltraitante, à la fratrie ; peur d’être éloigné de la famille, séparé. Ne disant rien, l’enfant évite la punition à ses parents et protège sa famille.

Des raisons inconscientes peuvent aussi expliquer que l’enfant se taise :  il s’est identifié à l’image que l’agresseur lui a renvoyée  («Tu es insupportable»). Il endosse la faute et la culpabilité, ce qui lui permet de garder l’image d’«un bon parent» en lui  («Je suis mauvais, mon parent est et reste bon»)

Texte à découvrir en intégralité ici

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