[Campagne] Laissons une petite place à l'ennui

École, activités extra-scolaires, devoirs…les enfants ont des semaines bien remplies. Avec le risque qu’ils n’aient plus aucun moment pour ne rien faire, pour s’ennuyer. Et la culture ambiante qui prône rentabilité et performance n’encourage pas ces bulles de rien… Au contraire, chacune des activités proposées doit favoriser l’apprentissage de multiples compétences. Notre monde saturé en bruits, images, divertissements rend difficile la confrontation à nous-mêmes.

Or, pour grandir, l’enfant a besoin de moments pour s’ennuyer.  Cela lui offre l’occasion de découvrir ce qui va vraiment l’animer, lui laisse l’opportunité de se perdre dans ses pensées, de rêver, de créer… Il découvre le plaisir de faire germer quelque chose qui trouve sa source en lui. Petit à petit, il découvre qui il est, ce qu’il aime, ses aspirations, ses intérêts…

Mais quel parent, éducateur n’a jamais entendu cette plainte « Je m’ennuiiiiie ». Difficile de résister, de renvoyer l’enfant à lui-même, plutôt que de lui proposer une solution toute faite, d’allumer un écran…

Personne n’aime s’ennuyer mais pourtant avoir du temps de vide permet à chacun, enfant comme adulte, de se ressourcer, de se recentrer sur soi. Etre bien être bien avec soi-même sans avoir sans cesse besoin de stimulations, d’occupations, de l’autre pour se sentir bien

La campagne sur l'ennui invite parents et professionnels à interroger la place de l'ennui dans le quotidien des enfants.  

Elle se décline sous différents outils : 

  • Deux spots vidéos montrent comment de l'ennui peut naitre la créativité (Cliquez sur l'image pour découvrir les spots)

             

 

Vidéos en lien avec cette campagne

[Vidéo] Par la présence/absence de son parent, l’enfant apprend à être seul

Claire Meerseman (04:02) comment, au fur et à mesure du développement de l'enfant, ses besoins évoluent. D'abord, dans les premières semaines de sa vie, le bébé n'a pas la capacité d'attendre, il a donc besoin que les adultes répondent rapidement à ses demandes. De trop longs moments d'attente deviennent angoissants pour lui. 

Mais, petit à petit, en grandissant, le bébé aquiert la capacité de patienter : "Je prépare ton biberon, j'arrive.." suffit au bébé pour supporter l'attente. 

En tant que parents, après s'être ajustés au plus près aux besoins de son enfant, il n'est pas toujours facile d'apprendre à le laisser sans une réponse immédiate. Or, c'est en le laissant gérer de petites difficultés qu'il est capable d'affronter seul, qu'il va apprendre l'autonomie. 

[Vidéo] Comment l’enfant acquiert peu à peu la capacité d’être seul ?

Un entretien avec Claire Meersseman, psychothérapeute et thérapeute familiale (05:01) qui évoque le besoin du bébé d'être en relation, fondement à la capacité d'être seul. Dans les premières semaines de vie, une réponse rapide de ses parents à ses appels, ses besoins est nécessaire. Pour construire sa capacité à être seul, à supporter l'ennui il aura besoin de s'appuyer sur la qualité de la relation, sur la confiance qu'il a dans les adultes. 

[Vidéo] L'ennui, vide créateur ou vide angoissant ?

Claire Meersseman, psychologue, psychothérapeute, décrit les conditions nécessaires à la vitalité de l'ennui et, à l'inverse, le vertige que le vide peut susciter quant les expériences premières de l'enfance sont teintées de négligence. 

[Vidéo] Quelles sont les vertus de l'ennui à l'adolescence?

Sophie Marinopoulos, psychologue, évoque la néccéssité de l'ennui à l'adolescence : du rien il va faire naitre une envie, un désir qu'il pourra mettre à exécution. Alors que les enfants font, agissent, les ados parlent, pensent, cherchent... 

[Vidéo] Est-ce qu'un bébé s'ennuie?

Sophie Marinopoulos, psychologue, explique ce qu'il se passe quand un bébé est seul et que rien ne l'occupe. Il éprouve son corps avec lequel il va pouvoir expérimenter : il suçote ses doigts, joue avec sa bouche... Petit à petit il occupe ses temps de rien et met de la présence là ou initialement il y avait de l'absence.

[Vidéo] Apprendre à s'ennuyer dès l'enfance

Un entretien avec Sophie Marinopoulos qui décrit l'importance pour l'enfant de faire peu à peu l'apprentissage de l'ennui. L’enfant doit apprendre progressivement à supporter d’être seul, à occuper l’espace en dehors d’un autre pour mener ses propres expériences, expériences fondatrices de sa pensée et de sa construction au monde.

Livres en lien avec cette campagne

[Livre] Les trésors de l'ennui

De l’ennui à l’expérience –
de l’expérience à la pensée –
de la pensée à la liberté d’être
 
 

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In Sophie Marinopoulos, "Les trésors de l'ennui ",Temps d'arrêt, yapaka, novembre 2017, pp 56-58 

Ce livre Temps d'arrêt peut exceptionnellement être commandé par mail à yapaka@yapaka.be (pour la Belgique uniquement). Il est également téléchargeable en version PDF  et epub .

Numéro de collection: 
94

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