Lorsqu'un couple se sépare, tout peut être divisé en deux sauf… l'enfant. Lui, il se retrouve entre deux adultes qui se font la guerre; il ne veut aller ni près de l'un, ni près de l'autre mais les garder tout près de lui, ensemble. Car il croit que s'il se rapproche plus de l'un que de l'autre, il ne verra plus celui dont il s'est éloigné.
"Ne t'en mêle pas mais…"
Mais malgré ses efforts pour maintenir son petit monde ensemble, les adultes s'entredéchirent, s'envoient des insultes… Pire! Chacun dit du mal de l'autre tout en déclarant à l'enfant qu'il ne doit pas s'en faire. "Tu vas quand tu veux chez ton père, ma chérie, mais un jour, tu comprendras tout ce qu'il m'a fait subir!" Et la maman d'ajouter: "Ne t'en mêle pas, ce sont des problèmes d'adultes."
Nous sommes nombreux, nous les adultes pris dans les affres de la séparation, à dire tout et son contraire. On voudrait protéger nos petits, les éloigner de la tempête mais la souffrance est parfois tellement forte, l'amertume tellement présente que les mots - des mots qui blessent - sortent. Bien sûr, ces mots n'étaient pas destinés à nos enfants mais la colère, l'humiliation sont telles que nous ne nous maîtrisons plus: nous crachons alors tout notre venin contre l'autre: "Ce salaud veut me laisser sans le sou. Je vais porter plainte, faire constater qu'il reçoit une compagne…"
Trop tard, l'enfant a tout entendu, croit avoir tout compris (il se construira parfois une vérité bien plus dramatique); il portera, en silence, les cris de désespoir et de haine de ses parents.
Comment ne pas trahir?
L'enfant a deux parents et, parce que c'est d'eux qu'il est issu, ils valent plus que tous les autres adultes. L'enfant a deux parents auxquels il est attaché, pour lesquels il est préoccupé; cette fidélité, cette loyauté à papa et à maman est une réalité très naturelle même si ce papa, cette maman ne sont pas toujours des héros!
Yannick fait la moue, il n'aime pas quand sa maman se plaint, même doucement, de son papa. Il sait bien que ce dernier a parfois de drôles de crises, qu'il "pète les plombs" comme dit son grand frère, mais les discours de maman lui brisent l'image de ce père et ça le fait souffrir. Yannick a deux parents à qui il offre sa loyauté, pas toujours de manière égale: parfois il ressent un peu plus d'amour pour sa maman, parfois il préfère jouer avec papa. Mais tout cela n'est pas grave pourvu qu'il garde un lien avec l'un et l'autre, et qu'il se sente en sécurité.
L'enfant ne veut pas choisir
Mais à un moment donné se pose la question de l'exclusivité. L'enfant éprouve alors des difficultés à se partager entre ses deux parents. "Tu choisis, c'est ton père ou moi…", "Tu irais chez papa alors qu'il n'est pas fichu de payer ce qu'il doit pour ton éducation?", "Quand je ne te vois pas, je me sens si mal…" Cette demande d'exclusivité peut prendre diverses formes; celle de la colère, du ressentiment, celle aussi de la souffrance qui se transforme en chantage affectif.
L'enfant se sent déchiré, tiraillé, il ne veut pas choisir… Et si tout cela était de sa faute? Il essaie alors par tous les moyens de rapprocher ses parents. En vain.
Il n'y a pas de bonne rupture, de séparation sans blessures, mais on peut éviter un trop plein de souffrances à notre enfant en lui montrant que ce n'est pas lui qui doit sauver ses parents. Et qu'il aura toujours la permission d'aimer l'un et l'autre, de retrouver l'un et l'autre, qu'il pourra toujours compter sur la présence de l'un sans perdre l'autre.
Commentaires
moi ossi
moi ossi
Bonjour Alison, je pense que
Bonjour Alison, je pense que c'est à tes parents de décider. Que tu donnes éventuellement ton avis, oui... Mais quand on demande à l'enfant de décider, il est coincé "Qu'est-ce qu'il ou elle va croire ? Que j'aime plus l'autre? etc..." C'est infernal et on se sent mal... On ne sait pas comment choisir
C'est leur boulot d'adulte de prendre les meilleures (moins mauvaises) solutions
parent
Oui, tu as peut-être voulu,
Oui, tu as peut-être voulu, mais quoi qu'il en soit, c'est eux qui décident, sinon tu es encore plus émotive.
Et au collège, pourquoi ne pas dire aux surveillants qu'ils s'arrangent avec tes parents. Que les adultes se débrouillent entre eux sinon tu es coincée
trotar
Salut,en fait je suis une
aidez moi s'il vous plait
Tu ne veux pas blesser ton
Si je penses a moi et rien
Tu dis que ton père "a tout
Tu dis que ton père "a tout fait pour toi". D'accord, mais ce n'est pas aux parents que l'on rend ce que l'on a reçu d'eux. C'est à nos enfants ou à d'autres plus jeunes que l'on transmet ce que l'on a reçu. La vie, elle roule, elle tourne dans le sens du temps et nos parents sont fiers quand ils voient qu'on est devenu des adultes qui peuvent à leur tour être responsables des autres.
Ta belle mere dit que "si tu abandonnes ton pere tu lui briseras le coeur". Ce n'est pas abandonner son père que d'avancer dans sa vie. Et son coeur... c'est à ta belle mère d'en prendre soin.
Décider de vivre chez ton père ou chez ta mère, n'est pas un choix CONTRE l'autre; c'est un choix POUR que tu puisses avancer. J'en reste donc à ce que je disais l'autre fois: la question c'est de savoir qu'est ce qui va te faire grandir le mieux dans les mois et les années qui viennent.
Bonne décision !
je suis perdue
bonjour je m'apelle yanis
Bonjour Yanis, ce n’est
Choisir, ça veut aussi dire grandir, prendre le large. Tu as un avis, tu le donnes et il compte. Parfois, cet avis est tellement difficile à trancher qu’il serait bien plus simple de laisser la décision entre les mains de qq1 d’autre. Mais comme tu le dis : « il s’agit de mon avenir »...
Continue à en discuter avec des adultes autour de toi, ils pourront t’aider à y voir plus clair dans ce que tu ressens et ce que tu souhaites.
Bonne route Yanis!
merci