Canaliser les colères

Extrait du livre "être parent c'est..".
On peut sortir de ses gonds quand la tension que l’on a en soi (parfois depuis très longtemps) est tellement forte qu’on ne peut pas se dire: «Mais qu’est-ce qu’il m’arrive?» Quand
on ne sait plus se poser cette question, on risque de devenir dangereux pour son enfant, pour d’autres et pour soi-même.
C’est comme si la tête était bloquée: on ne peut plus penser, ni réfléchir, seulement agir. Il est parfois utile d’exprimer sa colère, mais il faut savoir ce qu’on est en train
de faire. Un enfant peut apprendre ça, mais il ne peut pas comprendre que cette colère s’abatte gratuitement sur lui ou sur un autre et le démolisse. De plus, la tension prend
parfois sa source à l’extérieur de la maison: le boulot, les ennuis, les soucis financiers… Raison de plus pour dire aux enfants qu’ils n’y sont pour rien et que notre colère contre
eux n’est pas juste. Et puis, autant essayer d’en reparler plus tard, plus calmement, et pas de faire comme si de rien n’était. Les enfants sont hypersensibles aux états de leurs
parents. Ils ont comme des antennes qui captent si ceux-ci sont paisibles, nerveux, agacés, inquiets… même si on essaye de le cacher.
 
 
 

Avant qu’il n’entre dans l’appartement, je ne sais pas si papa va être marrant ou en colère. C’est ça le plus dur.

Ma mère disait : «Ne laisse pas le soleil se coucher sur ta colère.» J’essaye…

Quand j’entre en colère, je sens que je dois faire attention.Je peux vraiment devenir très violent, rien qu’avec des mots.

C’est difficile de s’isoler, d’avoir un endroit à moi où je pourrais prendre un peu de distance, me calmer quand je suis à bout. Alors ça déborde. Je ferais mieux d’aller prendre l’air.

J’ai adopté la phrase de ma mère: «Sauve-toi vite parce que ma main va voler!»

Quand mon père hurlait sur ma mère, j’étais terrassé. En plus je me sentais complètement impuissant de protéger maman. Plus tard, j’ai eu tellement peur de reproduire cela que j’ai décidé d’aller voir quelqu’un pour en parler.

Je ne me fâche pas souvent, mais quand ça arrive, ça tonne! Laurent sait qu’il a vraiment dépassé les limites et qu’on en reparlera le lendemain.

Mes parents se disputaient souvent sur ce qu’on pouvait faire ou pas. Ma soeur et moi pensions que c’était de notre faute. Plus tard quand on en a reparlé, nous nous sommes dit que c’était leur problème, pas le nôtre.

J’ai pas envie de te voir pour le moment. On discutera plus tard.

La colère est comme une avalanche qui se brise sur ce qu’elle brise. (Sénèque)

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