La culpabilité... oui, mais à quelle dose !

Ce n’est sans doute pas très facile non plus pour nos enfants de devoir se dépêcher le matin, d’arriver à la garderie de l’école une demi-heure avant le début des cours, de s’en prendre encore une tranche après 4 heures. Se trouver dans une collectivité de mômes, huit, neuf, parfois dix heures d’affilée, sans répit (sans solitude ni silence!) c´est fatigant, même si on s’amuse bien avec les copains et les copines. A la maison, ce n´est pas toujours plus calme: maman n’a pas le temps de jouer ou de faire même un petit puzzle, elle lance vite une machine à lessiver, prépare le souper, et papa (quand il existe), lui, ne rentre souvent que lorsque tout le monde est en pyjama. On a encore bien de la chance si l’un ou l´autre parent n’est pas trop fatigué pour lire une histoire… Et si le téléphone sonne justement à ce moment-là? Un peu de culpabilité peut aider le parent à dire: "Je mets les enfants au lit et je te rappelle après, tu m’excuses? A tout de suite…"

Trop de culpabilité peut en revanche faire beaucoup de dégâts! Si les parents ne peuvent supporter le moindre conflit avec leurs enfants qu’ils voient trop peu, si dire non ou mettre une limite leur procure une véritable torture, alors, les petits, aussi mignons soit-il, sont privés de repères et deviennent rapidement de petits despotes très angoissés de perdre leur pouvoir.

 

Mère ou père au foyer?

Si l’un des parents n’a pas d’activité professionnelle, cela réduit bien sûr les problèmes d’horaire et les difficultés à boucler une journée en vingt-quatre heures. Mais, il existe parfois d´autres souffrances.

Le parent au foyer peut, en effet, souffrir de la fausse image qu’on s’en fait: il (elle) ne travaille pas, donc il (elle) ne fait rien. Pourtant, son emploi du temps n’est exempt ni de stress ni de soucis. Il risque, en outre, d’être l’objet de sollicitations difficiles à refuser de la part de la famille ("Il faudrait que tu conduises ton père à l’hôpital pour ses radios"), des ami(e)s ("Margot est malade, je peux te l’amener?"), de l’école ("La classe des petits va à la piscine, vous pourriez accompagner pour aider au vestiaire?"), etc. Il ressent parfois son statut de parent au foyer confondu avec une absence de statut… Et si cette situation ne correspond pas à un choix de sa part (perte d’emploi, impossibilité de trouver un milieu d’accueil abordable pour un jeune enfant…), ce parent peut se retrouver dans un état d’esprit où il n’est pas forcément très disponible pour sa famille même s´il est matériellement présent.