[Glané] COVID-19: Et après ?

Onglets principaux

Dans son premier dossier thématique " Penser la crise dans une logique préventive ", Crysalience (Consultance en gestion psychosociale des événements traumatiques), propose une analyse de la crise actuelle en regard de la prévention et des différentes phases par lequelles passent les individus lors d'une crise. Le soutien dont il aura besoin dépend fortement de la phase dans laquelle il se trouve.

"En quoi l’événement COVID-19 est une crise de type « catastrophe » ?
L’événement COVID19 est de type “agression” collective catastrophique, c’est-à-dire un événement d’ampleur, ici sans précédent, qui provoque une rupture avec la normalité en présence, cause des souffrances, des dommages, des morts. Il occasionne un déséquilibre macrosocial entre les besoins de la population et les ressources pour y faire face.
Le vécu de crise résulte effectivement d’une balance entre d’un côté, l’événement et ses impacts pour l’individu ou le système touché et, de l’autre côté, les ressources de ceux-ci. Il y a crise ou vécu de l’événement de manière critique lorsqu’il y a vécu de ruptures ou de changements majeurs. La norme du moment, le continuum de la vie est (inter)rompu. Cela étant, l’événement à lui seul n’est pas suffisant pour en prédire les impacts à priori. Tout comme un même événement peut engendrer une crise chez certains individus et au sein de certains systèmes, et pas chez d’autres. 

[...]

Crise du COVID-19 et logique de travail préventive

Bien que les individus vivent les événements marquants ou critiques de manière variable et très inégale, l’expérience de la crise nous indique que l’impact psychologique et émotionnel de ce type d’événement peut être envisagé par phases. Et qu’à chaque phase correspond une posture d’intervention spécifique. De ce fait, et conformément à ce que les catastrophes passées ont permis d’observer, même parmi les personnes qui vivent l’événement du COVID-19 de manière critique, à partir du moment où elles bénéficient d’un soutien approprié, la plupart s’en sortiront sans être traumatisées et ne nécessiteront pas de soin psychologique ou de thérapie spécifique. En forçant le trait, dès que le curatif, le réactif et le palliatif sont utiles, c’est que le préventif a loupé quelque chose. Les individus affectés par un événement vont passer par divers états de manière successive et évolutive sans être linéaire. La manière dont les besoins des individus vont être rencontrés à chaque phase a des effets préventifs sur les phases suivantes. Ce constat souligne l’importance de se positionner dans une logique de travail préventive en général. Et il nous invite à la prudence dans l’estimation et l’évaluation des effets psychologiques à moyen et long terme. Prévenir implique inévitablement de prendre des mesures en l’absence d’impacts visibles et dans la durée. Pour ce faire, il nous faut dépasser le fonctionnement réactif de type « pied du mur » et investir au-delà même de la prévention puisque nous vivons déjà la crise. Une démarche plus prospective 2 tiendra compte des leçons de la crise actuelle, des crises passées et d’ une prévision du futur en tenant compte des apprentissages."

Lire le dossier dans son intégralité ici 

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