[Rapport annuel du Délégué Général aux Droits de l'Enfant] « DES MAUX AUX MOTS »

Le Délégué Général aux Droits de l'Enfant a remis son rapport annuel le 18 novembre. Ce dernier dresse un état des lieux de la santé mentale des jeunes en Fédération Wallonie Bruxelles et les constats sont interpellant : 16,3 % des 10-19 ans présentent un trouble psychique avéré , 37 % des 12-18 ans déclarent des difficultés psychologiques, à l’école, un tiers des élèves rapporte un risque de dépression ou un faible bien-être... L'état des lieux portent sur les différentes sphères de la vie des enfants et adolescents : vie scolaire, vie en ligne, difficultés sociales rencontrées par les parents... mais le focus est également mis sur la situation d'enfants plus vulnérables tels les enfants en situation d'errance migratoire ou les enfants en situation de handicap. 

Ce rapport est introduit pas une lettre ouverte du Conseil des jeunes du Délégué général aux droits de l’enfant qui écrit ceci : 

[...] Nos espoirs tiennent en dix points. Dix lumières pour sortir du tunnel.

  • Être écoutés sans jugement. Quand un élève dit qu’il n’a plus la force d’aller à l’école à cause du harcèlement, il ne doit pas entendre « c’est dans ta tête », mais trouver une oreille attentive et une réponse immédiate. On a besoin d’adultes qui prennent nos paroles au sérieux, pas de réponses toutes faites.
  • Avoir accès à une aide psychologique rapide et gratuite. Nous connaissons des jeunes qui ont dû attendre six mois pour un rendez-vous psy, alors qu’ils étaient en crise. On ne laisse pas quelqu’un avec une jambe cassée dans la salle d’attente : la santé mentale doit être prise au sérieux de la même manière.
  • Moins de pression scolaire. Des camarades font des crises d’angoisse la veille des examens, certains développent une phobie scolaire. Pourquoi l’école devient-elle une source de stress extrême ? Nous appelons à repenser le rythme et la charge des examens pour garantir le bien-être des élèves.
  • Des réseaux sociaux plus sûrs. Trop de jeunes s’effondrent à force de se comparer aux images “parfaites” qu’ils voient. D’autres subissent du cyberharcèlement qui les pousse à décrocher. Nous devons obliger les plateformes à mieux contrôler l’âge, et à retirer rapidement les contenus haineux, humiliants, et/ou dangereux.
  • Des espaces pour s’exprimer. Que ce soit la danse, le sport, la musique, ou même construire des LEGO, ces activités aident à se libérer. Un ami nous a dit que le basket lui avait sauvé la vie en l’empêchant de plonger dans la puff. Ces échappatoires doivent être soutenues et accessibles à tous.
  • Être respectés dans notre identité. Un camarade gay a été insulté quotidiennement à l’école. Une amie est tombée dans l'anorexie à force de moqueries sur son poids. Nous réclamons moins de jugement et plus de tolérance pour que chacun puisse être soi-même
  • Un entourage bienveillant. Nous savons que se confier à un ami, à un prof, à sa famille ou même à un animal de compagnie peut sauver. Aucun jeune ne devrait rester seul avec son désespoir.
  • Un vrai droit aux loisirs et à la culture. Pouvoir aller voir un film, lire, voyager, créer, ou simplement s’ennuyer, c’est essentiel pour se sentir vivant. Ce droit doit être garanti, y compris pour les familles qui ont peu de moyens.
  • Pouvoir participer aux décisions. Il faut agir, maintenant, pour que les jeunes soient entendus dans les débats politiques. Quand des lois nous concernent directement, comme sur les allocations ou l’usage des réseaux sociaux, notre voix doit compter. Nous demandons la mise en place d’un conseil de jeunes qui sera consulté avant toute loi qui concerne directement les enfants et les jeunes.
  • Ne jamais oublier l’espoir. Comme une feuille qu’on chiffonne, nos vies portent parfois des plis et des cicatrices. Mais cela  ne nous empêche pas de nous relever et de devenir plus forts.

Le rapport est disponible en intégralité sur le site du Délégué Général

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