Parents : Tenir le coup dans la tempête…

Plus d’une fois il nous arrive, comme parents, d’être inquiets, dépassés, fatigués. Ça on le sait, c’est notre lot de parent mais dans le contexte actuel, comment tenir le coup dans cette tempête qui nous échappe ? Depuis quelques mois, nos familles sont prises dans le tourbillon de la crise sanitaire : incertitudes, changements continus, interrogations quotidiennes, sentiments d’impuissance, angoisses pour soi, pour les autres…

Pour beaucoup d’entre nous, nous sommes arrivés début septembre déjà fatigués après la traversée de cette période très couteuse sur le plan émotionnel et matériel. Et toutes et tous, nous espérions un retour à la normale…

Mais c’est un tout autre scénario qui s’ouvre aujourd’hui… nous devons naviguer avec de nouvelles incertitudes, de nouvelles mesures, des fermetures de classes ou d’école, une mise en télétravail, des pressions économiques,… et à cela s’ajoute le sentiment de solitude, un réseau de proches que l’on doit garder à distance : des grands-parents qu’il faut protéger, des bulles qui se réduisent, des lieux de socialisation qui ferment, des interstices entre parents qui s’amenuisent parce qu’on ne se croise plus ou tellement peu…

Pris dans cette mer agitée, comment faire face à l’épuisement, au découragement ? Où trouver du soutien ?

Faire avec l'incertitude, se laisser traverser par l’impuissance
L’incertitude et l’impuissance colorent nos pensées et imprègnent nos actions depuis plusieurs mois. Les petits et grands moments de la vie de tous les jours qui fondent notre sentiment de sécurité psychique et par-là qui nous permettent de sécuriser nos enfants nous manquent cruellement.

Dans ces moments de dérive, il est parfois bon de se faire aider, accompagner pour re-trouver et re-créer des points de repères, des balises dans un contexte si instable, par exemple, en parlant à un professionnel, en échangeant avec d’autres parents sur leurs façons de faire. Oui, les occasions sont moins fréquentes actuellement vu les restrictions sanitaires, cependant il est essentiel de poursuivre nos moments de papote entre parents, avec les voisins,… masqués sur le bord d’un trottoir, dans des groupes en ligne,… ce sont d’essentielles bouffées d’air. Evoquer avec d’autres les émotions qui nous traversent nous permettra de ne pas nous sentir envahis par celles-ci et d’alléger un peu nos relations parfois tendues avec nos enfants.

Enfin, les échanges, le jeu, le dessin restent des portes d’entées pour continuer à évoquer avec les enfants leurs émotions, leurs sentiments dans ce contexte. Ce sont des temps relationnels importants pour que nos enfants ne se sentent pas lâchés ou emportés par leurs émotions et leurs sentiments probablement aussi teintés du bain ambiant.

Dériver mais ne pas couler…
La longueur de la situation de pandémie, l’incertitude qui y est liée, sature chacune et chacun en émotions. Des spécialistes qui reçoivent des parents au quotidien évoquent leur colère et leur sentiment d’impuissance. Cette colère souvent réactive, parfois fonctionnelle, peut dans certains cas écraser nos relations à nos enfants. Et épuisés, nous ne sommes parfois plus en mesure de tenir compte des besoins de nos enfants. A cet égard, les psychologues ont remarqué un impact du Covid sur la santé mentale : des personnes qui tenaient grâce au maillage d’intervenants sociaux ou de proches ont vu leur quotidien se déstructurer et, pour eux, ça a été la dégringolade. Perdre son revenu ou faire faillite, se faire expulser de son logement, ne plus percevoir de pension alimentaire, … l’équilibre se rompt.... Et dans un contexte individualiste, chargé d’attente à l’égard des parents desquels il est attendu d’être parfait et de se débrouiller seuls, le vase parfois déborde.

En contrepied de ces injonctions qui isolent les parents, pour ne pas les laisser s’enliser dans la culpabilité de ne pas savoir tout faire, il est essentiel de prendre soin d’eux, de renforcer la solidarité, d’inviter à faire confiance à d’autres... Aujourd’hui, le contexte sanitaire vient complexifier ce mouvement vers l’extérieur, cette invitation à trouver de l’aide. Et pourtant les professionnels restent disponibles, à l’écoute. Chacune et chacun doit pouvoir trouver dans son entourage proche, une écoute, un regard, un sourire pour pouvoir se confier, dénouer les situations qui semblent trop emmêlées et reprendre son souffle. 

Il faut tout un village pour élever un enfant
Cette alliance éducative est essentielle pour les parents et aussi pour l’enfant. Sentir que les adultes qui l’entourent se font confiance, se reconnaissent mutuellement dans leur rôle, sont en alliance éducative, est apaisant et rassurant pour l’enfant. Il peut alors plus facilement construire le pont entre la maison et le monde extérieur, se raconter sans craindre colère ou jugement. Même si le cadre diffère d’un milieu à l’autre, le respect mutuel de chacun des cadres de vie permettra à l’enfant d’en comprendre mieux les contours, de les intégrer. Ces différences deviennent des richesses pour l’enfant qui découvre des manières de faire, de penser, de vivre différentes. A contrario, si les adultes se montrent méfiants les uns envers les autres, s’ils remettent en question la légitimité de l’autre, l’enfant sera le premier à le ressentir. Il risque alors de se sentir tiraillé entre ces différents univers, pris dans des conflits de loyauté qu’il ne peut résoudre.

Comme parent, pour pouvoir accorder notre confiance « au village », nous avons besoin d’informations concrètes sur ce qui sera demandé à l’enfant (ce qui se fait en classe, dans le club sportif, lors d’une activité extra-scolaire,…) mais aussi de connaître le cadre général de l’institution (projet pédagogique, règlements…), quelles en sont ses valeurs afin de sentir si elles sont en accord avec les siennes propres et celles de la famille. Aussi n'hésitons pas à communiquer nos attentes aux professionnels afin qu'ils puissent nous rassurer. Surtout dans le contexte actuel. 

Trouver des points d’appuis près de chez soi
Devant toutes nos émotions et celles de son enfant, il est important de ne pas rester seul. Pour traverser les moments difficiles, il existe un réseau, des proches et des professionnels chez qui nous pouvons nous arrêter : http://cartographie.yapaka.be/  

Quelques pistes, quelques ressources
- Il est bon parfois d’entendre que nous ne sommes pas seuls avec nos doutes, nos émotions,… Découvrir des témoignages de parents qui parlent de ce qui les a aidé dans les moments difficiles. La campagne #cequimaaidé invite chaque parent à partager ce qui les a aidés dans les moments difficiles. Elle donne la parole à des parents qui témoignent de leurs ressources et des appuis qu’ils ont pu trouver chez des proches et/ou des professionnels pour reprendre une bouffée d’air,… Découvrez les 12 capsules vidéos de témoignages de parents https://www.yapaka.be/page/cequimaaide-videos

Découvrez le témoignage de Kostas, un papa qui confie sa façon de gérer la colère  
Découvrez le témoignage de Laura, maman de deux petits garçons, elle a demandé de l’aide lorsqu’elle était à bout de souffle
Découvrez le témoignage de Brigitte, maman solo de trois enfants, qui gère le quotidien aussi gràce à la participation des enfants et la solidarité familiale
et tous les autres sur https://www.yapaka.be/page/cequimaaide-videos

- Des lectures pour être accompagné dans les questions qu'on se pose tous les jours (mais sans doute encore plus aujourd’hui) en tant que parent d'un petit, plus grand enfant ou adolescent. Ces petits livres proposent quelques points de repère, quelques idées pour reprendre un grand souffle et continuer à inventer et à réinventer. 
pour les parents d'enfants de 0 à 2 ans
pour les parents d'enfants de 2 à 12 ans

pour les parents d'adolescents

* lire à ce sujet l'article du Ligueur : La santé mentale à l'ère du Covid

 

 

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