[Glané] Le suicide des enfants, un passage à l'acte inimaginable en nette augmentation

Un article publié sur slate.fr revient sur un phénomène qui inquiète bon nombre de professionnels de l'enfance : une multiplication, depuis la pandémie, du nombre de suicides et de tentatives de suicide chez les enfants de moins de 15 ans. Les explications avancées sont multiples. "Julie Rolling, psychiatre, médecin référent du Centre d'accueil médico-psychologique pour adolescents (CAMPA) aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, martèle: «Ce sont des facteurs multiples qui s'accumulent, et qui contribuent à créer un état de souffrance extrême où l'enfant ne voit pas d'autres solutions.» Même si nous tentions de décliner l'ensemble des facteurs généraux inhérents à la crise sanitaire –désociabilisation, temps passé sur les écrans, cyberharcèlement, climat anxiogène, etc. nous n'aurions pas le début d'une explication sur les causes de ces passages à l'acte. Nous pourrions, a contrario, nous dire qu'ils sont simplement davantage pris en compte par les parents et les proches alors qu'ils sont à l'accoutumée tus ou conservés sous le couvercle du tabou."

L'article souligne l'importance de ne jamais prendre à la légère les signaux qui laissent à voir que l'enfant va mal : 

"Il est impératif de comprendre que dans tous les cas, le moindre geste suicidaire chez un enfant témoigne d'un état de souffrance intense et aiguë, qui peut résulter de facteurs de vulnérabilité préalables auxquels s'ajoutent des facteurs directs. Charles-Édouard Notre-Dame, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Lille explique que, dans la tête des enfants, il s'agit de se libérer: «Le suicide est vu par les plus jeunes comme le moyen de sortir d'un état de souffrance. Il ne faut jamais banaliser des mots ou des gestes. En général, il faut y entendre un message double: “Je veux mourir pour cesser de souffrir” et “Je veux que l'on m'aide parce que je souffre”. Pour autant, on ne peut y voir un simple appel à l'aide ou encore moins un chantage affectif.»
Il faut absolument tordre le cou à l'idée reçue selon laquelle ceux qui parlent de suicide sont ceux qui ne passent pas à l'acte. «Il ne faut jamais prendre à la légère un enfant qui a des propos suicidaires, répète la Dr Julie Rolling. Au contraire, il faut le féliciter d'avoir eu le courage d'en parler et il faut absolument l'emmener consulter un spécialiste de la santé psychique.»"

L'article est à découvrir dans son intégralité sur slate.fr

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