[Vidéo] En contexte de confinement, poursuivre le travail en réseau, une modalité utile dans les situations de maltraitance ?
Un entretien avec Claire Meersseman (05:56), psychologue clinicienne, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Claire Meersseman (05:56), psychologue clinicienne, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Christine Desmarez (05:59), pédopsychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Christine Desmarez, pédopsychiatre, explique comment préserver l'enfant en cas de disputes parentales en contexte de confinement. Elle évoque les enjeux de la protection de l’enfant et les réactions de l’enfant exposé à la violence des parents, en regard de son développement et de la qualité relationnelle avec les parents et dans la fratrie.
Christine Desmarez (05:39), pédopsychiatre, expose les processus en jeu dans la violence conjugale en pointant l’importance d’une action en amont du conflit via la parole et le partage du vécu auprès d’un tiers. Les facteurs de risque et d’aggravation de la violence au sein du couple durant le confinement et la crise qui s'étire sont particulièrement à l'œuvre.
Christine Desmarez (05:16), pédopsychiatre, explique la singularité des réactions de l’enfant ou de l’adolescent devant la violence conjugale, réactions qui sont aussi impactées par la situation de confinement. Elle explique la nécessité de permettre à l’enfant de parler à un tiers, de pouvoir trouver du soutien à l’extérieur de la famille confinée et de le soutenir dans sa créativité et ses ressources.
Un entretien avec Antoine Masson (02:32), psychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Antoine Masson (03:41), psychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Antoine Masson (04:54), psychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Aurore Mairy (05:52), pédopsychiatre, explique en quoi contribuer au collectif est pour certains adolescents une voie pour parer à l'angoisse de la crise sanitaire. Le pendant de l'angoisse étant la toute-puissance, certains, lorsqu'ils n'étaient pas touchés personnellement par le virus, avaient, à l'inverse de cette voie de responsabilisation, tendance à braver les interdits.
Pour Aurore Mairy (02:18), pédopsychiatre, beaucoup d'adolescents parlent d'une angoisse de mort mais sans la lier au contexte, en abordant par exemple leurs rêves.. Dès lors, les professionnels peuvent les aider en les recentrant tant sur les enjeux individuels, ce qui se passe pour chacun de manière singulière, que sur les enjeux plus collectifs, tout ce qui se passe collectivement.
Un entretien avec Aurore Mairy (03:00), pédopsychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Christine Desmarez (04:20), pédopsychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Christine Desmarez (04:33), pédopsychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Antoine Masson (03:17), psychiatre, expose en quoi les processus adolescentaires sont mis en veille et en souffrance dans ce contexte sanitaire : confinement familial, distance avec les pairs, les proches... sont générateurs d'anxiété, de dépression... Les adolescents empêchés dans leur processus adolescentaire, dans les remaniements psychiques à l'œuvre (intrusion de la sexualité, bouleversement des émotions...) et dans le lien social sont mis en veille.
Un entretien avec Antoine Masson (02:06), psychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Antoine Masson (02:51), psychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Antoine Masson (03:18), psychiatre, explore en quoi la sexualité à l’adolescence se pose d’une manière particulière dans ce contexte de crise. Toutefois, ce défi se pose comme un enjeu toujours à l’œuvre pour l’adolescent : celui de concilier sexualité, érotisme et amour. L’absence de l’autre empêche une sexualité agie, partagée et ouvre sur un pari d’inventivité, d’élaboration, de créativité. L’accompagnement de l’adulte y est sollicité dans un respect et une distance ajustée.
Un entretien avec Antoine Masson (01:36), psychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Le contexte ambiant fragilise certains ados envahis par l'anxiété qui surgit en agressivité. L’accompagnement des adultes est alors particulièrement mobilisé alors que paradoxalement la situation de confinement insupporte l’adolescent du fait de la proximité rapprochée avec eux. Anticiper les débordements, nommer le malaise en présence, dialoguer… sont quelques pistes étayées par Christine Desmarez (06:05), pédopsychiatre, pour contenir l’agressivité des adolescents.
Un entretien avec Christine Desmarez (05:24), pédopsychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Aurore Mairy (03:31), pédopsychiatre, explique combien les adolescents peuvent se sentir jugés, interpellés quand ils sortent. Cette angoisse véhiculée par les adultes est très compliquée à vivre pour les adolescents qui ont besoin d'adultes à qui s'identifier. Ils ont plus que jamais besoin d'adultes qui puissent leur fixer un cadre mais sans être dans la culpabilisation, qui risquerait de les mettre au défi pour canaliser l'angoisse générée par ce contexte anxiogène.
Un entretien avec Aurore Mairy (04:43), pédopsychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Aurore Mairy (03:36), pédopsychiatre, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec David Puaud (02:28), éducateur spécialisé, anthropologue, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec David Puaud (01:56), éducateur spécialisé, anthropologue, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec David Puaud (02:09), éducateur spécialisé, anthropologue, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec David Puaud (01:52), éducateur spécialisé, anthropologue, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec David Puaud (01:50), éducateur spécialisé, anthropologue, dans le contexte du Covid-19.
David Puaud (02:10), anthropologue, éducateur de rue, explore les pistes pour contenir les débordements des adolescents. Ce temps de crise convoque chacun, adulte, adolescent, enfant à un vécu commun. Notre position d’adultes et de professionnels appelle à accompagner les adolescents et à contenir les mouvements qui les traversent. Ce contexte exceptionnel mobilise des ressources extraordinaires et ordinaires. L’art de la bricole repose sur notre capacité à explorer de nouvelles modalités pour répondre au caractère exceptionnel de la situation. Mais aussi, nos ressources habituelles restent...
Un entretien avec David Puaud (03:13), éducateur spécialisé, anthropologue, dans le contexte du Covid-19.
Françoise Guillaume (04:13), coordinatrice du Centre d'Etudes decrolyennes, donne quelques balises pour l'utilisation des écrans en cette période de confinement. Accompagner l'enfant dans ses activités numériques, échanger avec lui sur ce qu'il regarde, mettre des limites en terme de durée, proposer des activités sans écran... restent des ingrédients indispensables. Mais le confinement est aussi une occasion de faire preuve de créativité avec leur utilisation, de partir du numérique pour en faire quelque chose dans la réalité (parodier une vidéo...).
Françoise Guillaume (02:42), coordinatrice du Centre d'Etudes decrolyennes, insiste sur l'importance que le salon familial ne se transforme pas en classe. Il ne s'agit pas pour les parents de se substituer à l'enseignant mais de transmettre leurs savoir-faire, leurs connaissances à leurs enfants. Bricoler, jardiner, coudre, cuisiner... sont des apprentissages tout aussi utiles que les apprentissages scolaires.
Un entretien avec Daniel Coum (03:50), psychologue clinicien, dans le contexte du Covid-19.
Pour qu'un enfant investisse les apprentissages, l'univers scolaire, il est nécessaire que parents et enseignants se fassent confiance mutuellement.
Dans le cas de l'école à la maison, il est indispensable que cette relation soit maintenue, que les parents ne se substituent pas à l'enseignant. Parce que les parents n'ont pas les compétences des enseignants et parce que l'enfant grandit en investissant d'autres adultes, en s'ouvrant à l'extérieur. Il doit pouvoir observer les limites de ses parents.
Un entretien avec Daniel Coum (07:59), psychologue clinicien, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Daniel Coum (06:11), psychologue clinicien, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec Daniel Coum (06:13), psychologue clinicien, dans le contexte du Covid-19.
Daniel Coum (04:35), psychologue clinicien, évoque l'importance de la co-éducation comme élément fondateur du développement de l'enfant. Le confinement qui engage un huis clos familial entrave soudainement cette nécessaire alliance éducative entre adultes autour de l'enfant. Car les parents ne peuvent assumer tous les rôles. Cela relève d'une nécessité fondatrice pour l'enfant qui se construit en appui sur une diversité d'adultes. C'est essentiel pour l'adulte, qui ne peut se suffire à lui-même dans cette tâche éducative.
Les liens familiaux, l'attachement sont, comme le rappelle Daniel Coum (05:41), psychologue clinicien, un moyen pour que l'enfant puisse s'émanciper, grandir, se séparer, partir. L'adolescence étant le point culminant de ce processus.
Dans cette mesure, le confinement crée un contexte paradoxal à la fonction première de la famille.
Françoise Guillaume (02:40), coordinatrice du Centre d'Etudes decrolyennes, insiste sur la nécessité pour chaque adulte d'occuper sa place auprès de l'enfant. Cette alliance entre adultes se prolonge entre eux, même à distance, parfois symboliquement. A ce titre, les parents n'ont pas pour vocation de remplacer les enseignants.Ils vont proposer aux enfants des activités du quotidien qui développent tout autant leurs 5 sens, leurs capacités cognitives, leurs représentations dans l'espace et le temps... compétences qui souteinnent les apprentissages scolaires.
Françoise Guillaume (03:10), coordinatrice du Centre d'Etudes decrolyennes, déplie l'importance du jeu et des activités quotidiennes comme sources d'apprentissages pour l'enfant.
Les parents n'ont pas pour vocation de faire apprendre les divisions écrites ou la conjugaison qui sont des matières scolaires. Ils sont là pour soutenir l'enfant et surtout pour que l'enfant puisse adresser son travail à quelqu'un, ce qui est fondamental.
Véronique Le Goaziou (04:07), sociologue, explique combien, à travers cette crise, chacun prend conscience de manière plus flagrante des différences qui existent dans le social, et y compris de toutes les inégalités à l'oeuvre : vivre en ville ou à la campagne, être en appartement ou dans une maison... Si cette conscience semble bien prégnante, il est difficile de savoir si cela perdurera dans le temps.
Véronique Le Goaziou (04:38), sociologue, explique comment le Covid-19 touche de manière assez égalitaire (personne n'étant à l'abri d'une contamination). Le confinement, lui, vient souligner, exacerber les immenses inégalités sociales à l'oeuvre : vivre dans sa maison de campagne face à la mer ou partager un petit appartement à plusieurs est radicalement différent et fait vivre aux gens des expériences de vie sans commune mesure. Les conséquences de cette crise seront donc très certainement différentes selon ce que chacun aura été amené à supporter.
Selon Véronique Le Goaziou (02:49), sociologue, la crise sanitaire que nous traversons est particulière en ce qu'elle nous oblige, par mesure de sécurité, à mettre l'autre à distance. L'impact de cette mise à distance, mais aussi de tout ce que la crise génère sur les relations sociales, la solidarité, est difficilement mesurable actuellement.
Pour Véronique Le Goaziou (04:24), sociologue, la question de l'impact de la crise sanitaire se pose sans doute plus du côté des relations sociales que de la solidarité. Soudainement, les gestes barrières nous obligent à tenir l'autre à distance, y compris l'autre qui nous est pourtant si familier (voisins, amis, parents...). Nous reléguons hors de notre sphère d'intimité les gens qui habituellement en font partie, les transformant soudain en étrangers.
Véronique Le Goaziou (03:40), sociologue, analyse le contexte du Covid-19 au regard de l'histoire de l'humanité qui de tout temps a dû faire face à des pandémies qui ont tué des millions de personnes (peste, choléra, grippe espagnole...).
La particularité aujourd'hui, pour nos sociétés occidentales, consiste à la confrontation effractante de la mort et de la maladie généralement reléguées dans des lieux protégés tels les hôpitaux. Le contexte actuel ramène cette réalité de la mort à notre porte, dans un quotidien qui potentiellement peut tous nous toucher.
Pour David Le Breton (04:24), anthropologue, il est indispensable pour les professionnels qui travaillent auprès d'enfants, de familles, et même pour les parents, de tenir compte de la complexité, de l'ambivalence du rire. En effet, le fou rire par exemple survient souvent dans des situations de tension et témoigne, non pas d'une moquerie ou d'une volonté de blesser, mais de la détresse ressentie.
David Le Breton (03:39), anthropologue, invite à penser le rire autrement que comme un signe de joie, à découvrir d'autres de ses significations anthropologiques. Notamment ses figures plus négatives comme la moquerie, qui devient alors une figure perverse du rire, fréquent dans le racisme, l'antisémitisme...
Un entretien avec David Le Breton (03:16), anthropologue, dans le contexte du Covid-19.
Un entretien avec David Le Breton (02:22), anthropologue, dans le contexte du Covid-19.
David Le Breton (05:03), anthropologue, rappelle toute l'importance du rire dans ce contexte de crise. Il permet de "desserrer" la situation, de pouvoir garder une force intérieure, un élan vital pour ne pas sombrer dans la plainte. En réunion d'équipe, une anecdote, une blague, permettra de relativiser, d'introduire une distance par rapport à la situation, d'affirmer une liberté.
Pascal Kayaert (02:59), travailleur social et directeur de Télé-Accueil Bruxelles, évoque l'enjeu, pour les professionnels du soin qui ne peuvent plus pratiquer comme habituellement, de trouver un moyen de prêter attention aux personnes avec qui ils sont engagés dans un suivi. C'est à ce prix, en offrant cette attention, cette reconnaissance (en envoyant un sms pour prendre des nouvelles...) que les personnes pourront formuler une éventuelle demande ou dire, même à demi-mots, ce dont ils ont besoin.